A l’approche des fêtes, la Maison Européenne de la Photographies présente une rétrospective des cartes de vœux réalisées par Andreas Mahl ces trente dernières années. A partir d’un autoportrait annuel fait au Polaroid SX 70, Andreas Mahl se met en scène dans une composition qui mêle peinture, collage et nature morte, elle-même rephotographiée pour donner la carte de vœux finale.
Andreas Mahl, Avec ses meilleurs vœux.
Ses amis de trente ans ou plus partagent ce privilège de recevoir aux derniers jours de décembre les vœux qu’Andreas Mahl leur adresse en forme d’œuvre d’art surprenante d’invention, de facétie ou d’émotion. Pour le jeune photographe qu’il est à la fin des années 1970, l’envoi rituel d’une carte personnalisée ne diffère guère d’une tradition d’artiste qu’Internet ne menace pas encore.
L’affaire prend un autre tour avec l’arrivée du support aujourd’hui mythique Polaroid SX 70 : l’envoi du millésime 1981 tient le bout d’un fil rouge esthétique voué à se dérouler sans prévenir entre le charme et la subversion. Pièces inédites élaborées sur la mise en situation d’un auto-portrait toujours réalisé sur Polaroid mais pas toujours de l’année, les vœux prennent corps avec la reproduction du montage achevé sur le même support Polaroid auquel la main habile de Mahl donne son habillage final.
Une centaine d’exemplaires, soit autant de pièces originales dûment datées sont dispersées à travers un réseau de personnae gratae invitées à découvrir la précieuse image carrée, à goûter la trouvaille couchée sous son émail. Adressés à ces initiés, les vœux sans paroles d’Andreas Mahl poussent l’autoportrait jusqu’à l’intimité de ses goûts et de ses inclinations, évoqués dans un perpétuel théâtre de marionnettes. Or, avec le temps qui file d’une année l’autre en criant gare, les cartes s’accumulent pour constituer ce qu’il faut bien appeler une collection.
C’est d’abord l’hommage reconnaissant à un procédé instantané par la mise en abyme du visage, d’un œil en clin ou d’un sourire maquillé voyageant entre la beauté du jeune homme et les fantaisies de l’artiste. C’est aussi en 1991 la référence aux ancêtres mignonnettes, le chinage du verre et du cristal aux marchés aux puces en 1997 et pour 2000 l’émoi d’un regard camaïeu aux mains de l’ange bleu de l’Apocalypse, lui-même peint sur les prophéties démenties d’un couturier. C’est encore et par deux fois le salut au grand Michel-Ange avec le passage à l’Euro en 2002, avec le David scarifié sous la fausse pudeur d’un caleçon de GI en 2004, star expérimentale de la première édition en impression numérique, relève du Pola défunt.
A chacun de trouver les clefs d’allusions légères ou engagées dont l’artiste a bien voulu colorer les embryons d’années, comme le ferait une fée, bonne ou malicieuse. Or, comme tout ce qui dure, la collection est vouée à finir un jour ou une année, si on compte, bien avant la dernière révé- rence de l’artiste, avec la lassitude que toute série porte en elle. Le château de cartes, naturellement de vœux, construit pour célébrer l’année à venir serait dit-on inspiré du calendrier maya qui prévoit la fin du monde et donc l’arrêt du temps au 22 décembre 2012 de notre version grégorienne. Créateur des cartes qu’il brouille, tire et distribue, Andreas Mahl garde la main d’une partie ludique et imprévisible, menée jusqu’aux extrêmes voisins que sont l’impertinence et la poésie, le narcissisme et l’autodérision.
Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...
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