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L'édito d'Actuphoto ; les guerres sans fin de l'UPP
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Le 2011-10-22 12:58:02

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L'Union des Photographes Professionnels n'en finit pas de se battre.

Après s'être opposée au concours lancé par Wikimédia qui invitait les amateurs à envoyer leurs photographies de bâtiments historiques (voir le détail ici : http://actuphoto.com/19850-le-concours-wikimedia-une-laquo-operation-commerciale-raquo-selon-l-union-des-photographes-professionnels.html), elle publie, le 19 octobre, un communiqué à destination de Simone Mazer.

Fin septembre, Simone Mazer, Vice-Présidente des Opérations France et Amérique Latine d'iStockphoto (http://francais.istockphoto.com), faisait part de ses réflexions sur l'avenir du métier et du secteur de la photographie dans une tribune (lisible ici : http://www.upp-auteurs.fr/DATA/documents/istock_simonemazer.pdf) intitulée  «Les photographes sont morts, vive les photographes !», Réflexions sur l’avenir du métier de photographe. Forte d'une longue expérience du secteur de la photographie - elle est l'ancienne vice-présidente de Getty Images - Simone Mazer y défendait sa vision d'une industrie en mutation et riches de nouvelles opportunités, au sein de laquelle les microstocks comme iStockPhoto, décriés pour les très bas tarifs des photos vendues, ne font que s'adapter à une évolution technologique et économique.

Une profession de foi qui a du passer pour de la provocation aux yeux de l'Union des Photographes Professionnels. Son administrateur, Henri Comte, se fendait hier d'une réponse (intitulée «Nous sommes toujours vivants !» et lisible ici : http://www.upp-auteurs.fr/actualites.php?actualite=612) en forme de critique exhaustive de la position de Simone Mazer, reprise point par point pour et dont le but avoué était d'«d'expliquer en quoi le microstock est le pire ennemi du photographe», et d'appeler à une régulation du secteur. L'analyse d'Henri Comte, compréhensible dans ses motivations, est très technique, et nous vous invitons à la lire sur le site de l'UPP.

Sollicitée par Actuphoto, Simone Mazer a tenu a réaffirmer la légalité, contrairement à ce qu'affirme l'UPP, du modèle iStockPhoto : «les photographes inscrits sur le microstock signent un contrat, lui-même valide en droit français». Revenant sur sa carrière dans la photographie, elle a évoqué sa profonde «empathie pour les photographes, qu'elle soutient depuis plus de 20 ans». Selon elle, les photographes professionnels se distinguent par la qualité de leurs images et la valeur ajoutée qu'ils peuvent aujourd'hui leur apporter (multiples supports de diffusion, prestations aux particuliers…) ; se cramponner à de vieux modèles n'offre pas une solution durable.

Cette polémique paraît relever d'une préoccupation franco-française : après l'affaire Wikimedia Loves Monuments, il apparait que seule la France réagit systématiquement, et avec fracas, aux atteintes supposées au droit d'auteur des photographes. Berceau de la photographie ? Pays du droit d'auteur ? Ces deux éléments expliquent sans doute la grogne récurrente de l'UPP. Peut-être au risque de nourrir le sentiment de son manque de réalisme.

 

Antoine Soubrier, le 20 octobre 2011.






  Les réactions & commentaires

Je ne peux qu'appuyer les commentaires de Cédric Girard où les principaux arguments ont été évoqués. Je suis également tout à fait d'accord avec la remarque d'Hervé Bernard. Quant à savoir "à quel point les photographes sont en adéquation" avec l'UPP et ses prises de position, et mis à part si l'on oublie le Bon Sens Paysan - ou plus prosaïquement le droit français et le CPI en particulier, prenons le cas des concours pour amateurs aux clauses scandaleuses et abusives : je ne peux que vous renvoyer à l'épisode du concours "Terre Sauvage" plus tôt dans l'année, où un grand nombre de photographes, autant pros (tel que Cédric Girard) qu'amateurs (tel que votre serviteur)se sont mobilisés pour relayer un appel au boycott et rappel aux préconisations de l'UPP. Ce afin d'éviter : 1 la constitution d'une base de données de photos (très) peu couteuses - et 2 une exploitation abusive des droits moraux et patrimoniaux des photographes amateurs participant à ce type de concours. Néanmoins, et en opposition avec mon argument, si ces concours photo et ces agences micro-stocks existent, c'est non seulement qu'il y a un besoin (mieux pour moins cher... no comment), mais également une offre... Tous les photographes ne semblent donc effectivement pas en adéquation (peut-être ne se rendent-ils tout simplement pas compte ?) avec les positions de l'UPP...

   Seb F. | Signaler un abus 2011-21-10 20:19:04


Merci pour votre retour. De mon point de vue, le discours de Mme Mazer est celui d'un représentant d'une entreprise commerciale avec un bon gros côté bien marketing, "rassurant", pour appâter le chaland. Car dans les faits, il suffit simplement de lire les CGU des microstocks (à tête reposée et dans le calme, car c'est souvent traduit directement de l'anglais juridique !) et de les analyser pour comprendre de quoi il retourne. Une juriste avait en 2008 réalisé cette analyse sur les CGU de Fotolia, et son verdict était sans appel ! Quant au "modèle économique" prôné par les microstocks, il repose sur un usage très largement axé sur le web et ses particularités et spécificités (que je connais très bien, pour avoir été gérant d'une agence web durant 3 ans). Le problème est que les microstocks ne se limitent pas à ce marché, mais inondent le marché traditionnel de l'édition avec des photos aux prix complètement délirants (à titre d'exemple, en 2007 le Times Magazine a fait une couverture avec une photo achetée moins de 10$ alors que le tarif normal est au moins 150 fois plus élevé !) Au final, on se retrouve avec des magazines aux visuels de plus en plus insipides et dépersonnalisés, issus pour la plupart de ces agences discount avec les conséquences attendues : étant donné que l'indexation de leurs images est laissée à la discrétion des "photographes" qui les alimentent, on se retrouve avec tout et n'importe quoi ! Je suis photographe animalier, et autant sur les animaux sauvages que domestiques, le taux d'erreur est monumental ! Des mags comme Femme Actuelle se sont ainsi retrouvés à faire des dossiers sur les chats de race avec des photos ne correspondant pas aux légendes, "justement" à cause d'une indexation plus qu'hasardeuse. En clair : on tend non seulement vers un lissage de l'image (puisque les acheteurs ne sont pas bêtes : ils prennent tous les plus belles, que l'on retrouve donc PARTOUT), mais également vers la désinformation du fait de ces manquements cruels de la part de ces sociétés, qui n'ont strictement rien à faire (et je suis poli) des usages des fichiers qu'ils vendent. Car ils ne vendent pas des images, mais vendent bel et bien la "mise à disposition" des fichiers, puisqu'au paye... au kilo(octet) ! Pour ma part, je ne vends pas mes images selon leur résolution, mais ce pour quoi elles sont utilisées, et en partie selon la difficulté de les réaliser (une photo subaquatique ou aérienne demande "un peu" plus de moyens qu'une femme avec un téléphone collé à l'oreille !)

   Cédric Girard | Signaler un abus 2011-21-10 18:21:53


Bonjour. Je comprends votre agacement. Je crois que notre position est plus nuancée que "pour ou contre les microstocks", tout simplement parce que posée dans ces termes, la question n'a pas beaucoup de sens. Que les choses soient claires : nous ne "soutenons" pas les microstocks. Nous ne considérons pas qu'ils incarnent une vision noble ou un "avenir" pour la photographie. Mais la question ne se pose pas dans ces termes, les microstocks existent parce que la technologie, l'offre et la demande de photos d'illustration peu chères existent. Ils répondent à un besoin. L'objet de cet édito était plus de souligner les positions parfois conservatrices voire figées de l'UPP sur ces sujets, par exemple lorsqu'un concours lancé par Wikipédia est décrié. Les problématiques très techniques que posent les microstocks sont complexes ; Simone Mazer nous assurait par exemple du respect du droit à l'image des photos de iStockPhoto. Mais dans les positions de l'UPP, on sent surtout un attachement à des modèles qui doivent pourtant nécessairement évoluer. Nous comprenons bien le rôle de l'UPP et sa mission défensive, mais nous avions envie d'interroger l'existence d'autres pistes, et de voir à quel point les photographes se sentent en adéquation avec ses positions.

   Antoine - Actuphoto | Signaler un abus 2011-21-10 16:53:15


Bonjour Il est illusoire de croire que c'est une préoccupation franco-française : il existe de très nombreux sites (et photographes) américains qui combattent le "modèle" des microstocks, qui n'est finalement qu'une forme parmi d'autres de crowdsourcing. Il est illusoire de croire que ce "modèle économique" profite aux photographes : pourquoi croyez-vous que Madame Mazer défense "son" entreprise ? Son passé de photographe doit être très, très loin derrière elle pour oser proférer de telles inepsies. La problématique légale des microstocks ne touche pas seulement à la notion - très marketing - de "photos libres de droit", terme assez vague pour entretenir l'illusion auprès des acheteurs (il y a assez d'affaires jugées à ce jour pour démontrer le contraire : il n'y a par exemple AUCUNE garantie au niveau du droit à l'image sur les photos de microstock) Quelle contribution sociale (et j'irais plus loin : fiscale) ont les photographes qui participent à ce "système" ? Hormis quelques pros qui se sont lancés (avec plus ou moins de réussite d'ailleurs : comme on dit, c'est un choix sur lequel on ne peut pas revenir), la très grande majorité des photos sont amenées par de petits contributeurs qui voient là l'occasion de se faire un peu d'argent de poche, ou "d'amortir son matos" (venant de particuliers, ça me fait doucement rigoler : je ne fais pas le taxi pour amortir le coût de ma bagnole. Bref) Et ces contributeurs de l'ombre ne font rien d'autre que du travail au black. Ni plus, ni moins. Il semble que vous défendiez ce "système" (c'est en tout cas le ressenti que j'ai en lisant votre article) et cela me déçoit énormément. Les microstocks sont un miroir aux alouettes pour les photographes, qui sont noyés dans la masse, quoi qu'en dise Madame Mazer. Et pour ma part, le plus gros danger de ces entreprises sans scrupule pour le photographe, c'est de faire des images des "objets virtuels" sur lesquels il n'a strictement plus AUCUN contrôle. Démonstration par l'absurde : une simple recherche dans Google Images permet de trouver des milliers d'images de microstock en HD (inclure "fotolia" ou "istockphoto" dans le champs de recherche, et filtrer par taille d'image : c'est... éloquent !) sans aucune obligation de les payer finalement, puisque DE TOUTE FAÇON ni le microstock ni le photographe ne peuvent contrôler leur origine une fois réutilisées ! Quelques chiffres sur Google.com ? 1 500 000 pour Shutterstock, 200 000 pour Fotolia et 60 000 pour istock pour des images > 2 MPixels (de quoi satisfaire bien des usages) - et on peut étendre ça à tous les microstocks ! Les microstocks ne sont que des entreprises COMMERCIALES qui n'ont strictement rien à faire du devenir des photographes, et qui ne travaillent que pour leurs actionnaires. Cédric Girard Auteur photographe

   Cédric Girard | Signaler un abus 2011-21-10 10:16:15


La photographie survivra, pas forcément les photographe sauf sur des niches très très spécifiques où le clampin lambda n'aura pas accès... Plusieurs d'entre nous se sont entendu dire, lorsqu'ils débutaient, qu"être photographe n'était pas un métier", je serai de plus en plus tenter de la croire...

   AlFred | Signaler un abus 2011-20-10 19:44:08


Bonjour, Je crois que le manque de réalisme provient du fait de laisser croire que l'on peut gagner sa vie au prix où sont vendus les photos par cette entreprise. Cela rappelle le discours des grands industriels du WIWe siècle qui prétendaient exiger de leurs ouvriers qu'ils travaillent 16 h voire 18 h par jour pour un salaire de misère. Je ne vous souhaite pas d'être rémunéré aux tarifs proposés par cette entreprise. Cordialement Hervé Bernard

   Hervé BERNARD | Signaler un abus 2011-20-10 19:10:43



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