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Trésors de la mémoire photographique Albanaise à la MEP
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Le 2012-01-10 13:25:29

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L’Albanie ne figure pas dans l’histoire mondiale de la photographie. Elle possède pourtant un patrimoine photographique unique dans les Balkans qui, jusqu’à ce jour, est resté largement ignoré tant à l’extérieur des frontières que dans le pays lui-même.

Avec l’exposition L’âge d’or de la photographie albanaise (1858-1945), la Maison Européenne de la Photographie présente un siècle d’images exceptionnelles et évocatrices d’un pays européen que le vent de l’histoire a largement soumis aux influences orientales de l’empire ottoman. Portraits de héros ou d’anonymes, compositions de studio, paysages, veillées funèbres chrétiennes ou musulmanes, scènes de la vie quotidienne.

L’Albanie, qui a subi l’un des régimes les plus totalitaires pendant près d’un demi-siècle, fut aussi le pays des aèdes, voyageurs et conteurs à l’intarissable mémoire dont l’origine remonte aux temps homériques. Dignes successeurs de ces poètes, les premiers photographes albanais, ces rhapsodes de lumière, font le récit en image d’un monde où l’histoire le dispute à la légende.

L’histoire de la photographie albanaise commence avec un Italien, Pietro Marubi, garibaldien qui, fuyant la répression, vient trouver refuge en Albanie. Il s’installe à Shkodra où il ouvre le premier studio photographique du pays en 1858. Trois générations s’y succèdent constituant ainsi la dynastie des Marubi. Dans leur studio, toute la société albanaise prend la pose, inlassablement, devant des décors peints : mendiants, artisans, intellectuels, hommes politiques, et jusqu’à la cour du roi Zog. Sur environ un siècle, les Marubi accumulent plus de 120 000 négatifs.

Mais la photographie albanaise ne se résume pas à cette seule famille de photographes. Plusieurs dizaines d’autres artistes travaillent en Albanie à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Les fonds photographiques qu’ils constituent montrent la diversité politique, culturelle, sociale et religieuse de l’Albanie au tournant d’une période cruciale pour le pays, de l’empire ottoman finissant à l’indépendance difficilement acquise. On peut noter particulièrement, dans un pays où cohabitent trois confessions, les photographies funéraires qui instituent un véritable rituel photographique.

Comme art et médium privilégiés de l’âge industriel, la photographie institue de nouveaux rituels sociaux. Elle est l’image que l’homme moderne occidental veut conserver du monde et celle qu’il veut donner de lui-même. Le rôle de la photographie dans l’histoire de l’Albanie, à l’aube de son indépendance, est-elle la marque d’une rupture avec Istanbul ou le résultat d’un processus de modernisation déjà présent au cœur même de la civilisation ottomane ? Chose certaine, en Albanie, le sentiment d’identité nationale et le développement de la photographie se sont nourris mutuellement et s’éclairent l’un l’autre.

 

 

 

La soixantaine de clichés sélectionnés pour cette exposition est le résultat de plusieurs années de recherches qui ont permis d’exhumer quelques milliers de photographies des différents fonds photographiques albanais publics ou privés, connus ou méconnus.
À l’âge d’or de la photographie albanaise a succédé un âge de fer. Aujourd’hui, après un demi-siècle de totalitarisme, c’est une partie importante de sa mémoire et de son patrimoine que l’Albanie redécouvre et donne à voir à travers cette exposition.

Commissaires : Loïc Chauvin et Christian Raby Exposition organisée en collaboration avec l’Ambassade d’Albanie à Paris et avec le soutien du groupe d’amitié France-Albanie du Sénat.



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Maison Européenne de la Photographie
5, 7 Rue de Fourcy
75004 Paris 
France

Voir tous les lieux

Du 5/10/2011 au 8/1/2012

Statut : expositions terminé











 




Prendre une photo, c'est une excuse pour être badaud. Je me donne l'impression de faire quelque chose donc j'ai moins mauvaise conscience.
William Klein   














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