Selon le graphique reproduit en vignette (voir plus bas) et produit par le Future Exploration Network, cabinet de prospective américain, la date d'extinction de la presse écrite est programmée pour 2040, grand maximum. Une prophétie expliquée à grands renforts de données technologiques, sociologiques et démographiques - jamais détaillées.
D'une certaine manière, les propos largement reproduits des organisateurs du festival Visa pour l'Image de Perpignan (http://visapourlimage.com) et notamment de son organisateur Jean-François Leroy, véhiculent un même pessimisme sur l'avenir des médias et de la photographie : l'économie de la presse est atone, les éditeurs photos, en manque de moyens, ne font plus leur travail, les photographes se voient considérés comme un coût par les financiers qui tiennent aujourd'hui les cordons des médias (Voir par exemple cette récente interview à Rue89 : http://www.rue89.com/vu-de-visa/2011/08/30/je-connais-peu-de-photoreporters-qui-vivent-de-leur-metier-219943).
Pourtant, Visa pour l'Image existe depuis 22 ans, et son existence ne semble pas menacée par la disparition des contenus. Au contraire ; le programme de son édition 2011, qui traverse la Côte-d'Ivoire, l'Amérique du Sud, les printemps arabes, le conflit Israëlo-Palestinien, est encore une fois très riche. Plus largement, le constat d'un décalage entre le succès grand public de la photographie, jamais autant diffusée et regardée, et sa raréfaction dans la presse grand public est même devenu un lieu commun.
Le constat de Jean-François Leroy est loin d'être erroné, et il s'appuie sur l'expérience. Moins de journaux produisent des reportages et paient convenablement leurs photographes qu'à l'heure de l'âge d'or de Life. Mais à qui la faute, et pourquoi se flageller ? Comme Stephan Mayes, patron de l'agence VII, sur le blog de Gerald Holubowicz (http://www.gholubowicz.com/bulb/2011/07/english-stephen-mayes-interviews-by-the-ma-international-multimedia-journalism/), on veut croire qu'il s'agit avant tout de faire évoluer les schémas. On veut croire aussi qu'il revient aux éditeurs photo de trouver la grammaire photographique d'aujourd'hui, celles qui remplit son rôle informatif tout en s'adressant au public d'une manière moderne. Le succès de nombreux festivals, l'émergence de revues comme 6 Mois, de modes de financements par les ONG our des services comme Emphas.is (http://www.actuphoto.com/19167-emphas-is-une-solution-a-la-crise.html), montrent que l'intérêt pour la photo existe : ses modèles économiques ne seront peut-être pas les mêmes qu'hier, et certaines photos de cadavres dans le Tiers-Monde ont peut-être fait leur temps - mais la demande des lecteurs à être informés par l'image est une belle promesse de renouveau.
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