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Rétrospective Lewis Hine à la Fondation Cartier-Bresson : Le père de la photo sociale
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Le 2012-01-20 16:25:10

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La nouvelle exposition de la Fondation Cartier-Bresson revient sur l'oeuvre de Lewis Hine (1874-1940), un pionnier de la photographie documentaire et sociale connu notamment pour ses photos des travailleurs de l'Empire State Building. Dans les première décennies du XXème siècle, l'heure est plutôt au pictorialisme, mouvement porté par Stieglitz aux Etats-Unis, qui vise à faire reconnaître la photographie comme un art. Mais «la qualité des tirages, exposer en galerie, ça n'était pas le propos de Hine,» nous rappelle Agnès Sire, directrice de la fondation Cartier-Bresson ; «son but était de dénoncer certaines conditions de vie et de travail, comme le travail des enfants. Sa photographie est d'abord militante.»

Ainsi, Lewis Hine, employé par des revues politiques ou des organismes comme le National Child Labor Committee, ne se retient pas pour mettre en scène certaines situations et en obtenir le plus fort impact, la dénonciation la plus efficace. L'exposition de la fondation Cartier-Bresson met donc au jour le paradoxe qui fait du photographe, dans l'imaginaire collectif, le témoin privilégié de ces débordements du capitalisme industriel du début du siècle, alors qu'il en était justement un fervent opposant.

La grande qualité des tirages réunis pour l'exposition fait mentir le constat de Beaumont Newhall - « Je n'ai pas de bon tirage de Hine» - sur la faible compétence technique de Lewis Hine . Au contraire, les photographies, pour la plupart des tirages originaux, se présentent comme des documents historiques en parfait état. Mais pas seulement : « Les thèmes de Hine sont partout aujourd'hui. Immigration, conditions de travail… Il a posé des jalons.» souligne Agnès Sire.

Si l'on est effectivement saisi par ces galeries de portraits évoquant le naturalisme d'un Zola, et captivé par les recherches graphiques entreprises par Hine sur une de ses images (Power House Mechanic working on steam pump, voir ci dessous), qui préfigurent les turbulences mécaniques de Charlie Chaplin, on ne pourra pourtant s'empêcher de considérer l'exposition d'abord sous son aspect historique et sa dimension typologique, à la manière des travaux d'un August Sander. Lewis Hine photographie les immigrés et les enfants au travail comme on continue à le faire aujourd'hui, sa figure d'ardent pionnier de l'époque - né et mort dans la misère après avoir passé sa vie dans un précaire équilibre financier - aujourd'hui devenue un repère classique de la photographie documentaire. Un accrochage juste, qui s'il ne peut esquiver l'exotisme des photographies de Hine, restitue les intentions militantes de l'auteur.

 

 

Power House Mechanic working on steam pump © Lewis Hine

 

Armé de sa lourde chambre photographique, Lewis Wickes Hine (1874-1940) fut un combattant acharné pour la justice sociale.

L'exposition de la Fondation HCB rassemble environ 150 tirages originaux en noir et blanc provenant de la George Eastman House, International Museum of Photography and Film de Rochester. Cette rétrospective couvre l'ensemble de la carrière de Hine : portraits d'immigrants débarquant à Ellis Island, enfants au travail, construction de l'Empire State Building, reportages en Europe à la fin de la première guerre mondiale. Des documents inédits, récemment acquis par Rochester seront également présentés. Coproduite avec la Fundación MAPFRE de Madrid et le Nederlands Fotomuseum de Rotterdam, cette exposition a reçu le soutien de la Terra Foundation for American Art.

Né dans le Wisconsin en 1874, Hine suit des cours du soir tout en aidant financièrement sa mère avec des petits boulots. Il étudie ensuite la sociologie dans les universités de Chicago et New York ainsi qu’à la Columbia School of Social Work. Il s’installe en 1901 à New York pour enseigner à l’Ethical Culture School et comptera Paul Strand parmi ses élèves. Il devient photographe deux ans plus tard et se consacre très vite exclusivement à ce médium. En travaillant, à partir de 1906 pour le National Child Labor Committee (NCLC), la Croix-Rouge américaine ou la Works Progress administration, Hine utilise la photographie pour défendre les causes auxquelles il tient. Il se concentre sur «la part visuelle de l’éducation», n’hésitant pas à mettre en scène certaines de ses images pour mieux convaincre. Eveiller une prise de conscience et donner une image positive de ses sujets, tel est le principe des photographies de Hine. C’est à Ellis Island qu’il mettra pour la première fois ce principe en pratique. Armé d’un équipement encombrant et obsolète, Hine fait le portrait de centaines d’immigrants venus chercher aux Etats-Unis de meilleures conditions de vie.

 

Jeune juive à Ellis Island, 1905 © Lewis Hine

Lewis Hine voulait créer une image «plus réelle que la réalité elle-même». Aujourd’hui reconnu comme l’un des pionniers de la photographie sociale, Hine écrit en 1933 : C’est au nom de la force expressive et non de l’emphase que je sélectionne les visages les plus marquants pour mes portraits industriels, parce que c’est la seule façon de traduire ma conviction qu’au bout du compte, le plus important c’est l’esprit humain.

Vignette: © Lewis Hine



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Photographe(s)

Lewis Hine

Maison Européenne de la Photographie
5, 7 Rue de Fourcy
75004 Paris 
France

Voir tous les lieux

Du 7/9/2011 au 18/12/2011

Statut : expositions terminé











 




Le plus difficile dans la photographie est de rester simple.
Anne Geddes   














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