Quelle relation établir entre un portrait et un paysage, une communauté humaine et un territoire ? A la lumière, répondent les photographies de Bogdan Konopka, car c’est elle qui façonne le réel, c’est par elle que nous touchons à l’épaisseur du monde. C’est avec cette approche que durant plusieurs semaines le photographe s’est immergé dans ce qui fut le bassin minier du Nord-Pas de Calais et qu’il est parti à la rencontre des descendants de l’immigration polonaise du début du 20ème siècle, et de celle moins nombreuse et plus récente des années 80.
Arrivé en France fin 1988, Bogdan Konopka a, dès sa première visite dans la région, humé un air de « là-bas » : connivence avec le paysage - la grisaille qu’il affectionne -, musique familière des patronymes essaimés sur les vitrines des rues, commerces, écoles, églises, cimetières. Etait-ce parce que son grand-père qui avait travaillé à la mine s’était toujours tu sur cette expérience qu’il a photographié le carreau de Loos-en-Gohelle ou bien la cité d’Arenberg à l’abandon ? Quelle lecture faire du portrait de ce jeune homme au fusil photographié dans sa chambre d’enfant ?
Les années ont passé et aujourd’hui, grâce à l'invitation et au soutien conjoint du Conseil Général du Pas de Calais et de la communauté d'agglomération Béthune-Bruay, ArtoisComm., l’ouvrage en suspens a repris vie et ce qui était un enjeu personnel est devenu une aventure photographique partagée. Comment se sont opérés les choix de Bogdan Konopka, devenu entre temps citoyen français? Exit les ruines, la lumière jaillit sur les bâtiments des houillères reconvertis, les chevalements repeints, les cités réhabilitées. Les patronymes polonais ont peu à peu déserté les devantures des petits commerces, les terrains d’exploitation du charbon ont cédé la place à de gigantesques zones industrielles ou commerciales. Mutatis mutandis, sans nostalgie.
Cette transformation du paysage va de pair avec celle de la communauté d’origine polonaise, éclatée, hétérogène et en même temps d’une re?jouissante vivacité. Bogdan Konopka a pris la décision de mettre en lumière les différences et de les faire partager. Quel est le fil ténu qui relie ceux et celles animés par une culture vue à travers le prisme d’un héritage tantôt transmis, tantôt perdu et qu’on veut retrouver, et l’histoire vive et déchirée de ceux et celles qui pour des raisons économiques ou politiques ont dû s’exiler pour continuer à exister ?
En conviant des personnages aussi riches à s’exprimer devant l’objectif, le photographe a peut-être cherché la réponse à sa propre question : qui devenons-nous ?
Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...
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