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LABO PHOTO : 6 photographes africains en Seine-Saint-Denis
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Le 2011-10-05 18:29:09

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g « SI ON TE COUPE LES CHEVEUX DANS LE NOIR,ÉCARTE BIEN LES OREILLES. » Ce proverbe peul cité par Malick Sidibé, l'un des rois-images du Mali, pourrait servir d'ambassadeur à LABO PHOTO, une exposition allègrement singulière qui réunit six photographes africains en Seine-Saint-Denis: Hicham Benohoud (Maroc), Nadia Ferroukhi (Algérie), Ananias Leki Dago (Côte d'Ivoire), Emeka Okereke (Nigeria), Sergio Santimano (Mozambique) et Youssouf Sogodogo (Mali).LABO PHOTO est une idée simple: proposer à des photographes africains de mettre en boîte la réalité de l'Afrique en Seine-Saint-Denis. Ce qu'ils voient comme ce qu'ils imaginent, l'important étant de saisir cette présence africaine, d'en révéler la multiple complexité, aussi une certaine vérité derrière les clichés si joliment convenus quand il s'agit d'évoquer un continent longtemps nié.Ce qu'ils ont vu ressemble à un début d'histoire. Sans miroir, chacun s'est essayé à prendre ces éclats d'Afrique dans la rue, sous la pluie, à l'intérieur des foyers et des familles, autour des cités, et même dans les salons de beauté où se tresse l'amitié. Tout n'est pas rose, tout n'est pas noir ou blanc dans le 93. Mais ce qui se réfléchit dans LABO PHOTO, c'est l'idée d'une photographie qui s'accorde à regarder l'autre sans lui demander sa carte d'identité. Une promesse d'ouverture sur notre monde, en quelque sorte. Brigitte Ollier, commissaire de l'exposition Pierre Deltombe, scénographe Freddy Denaës et Gaël Teicher, l'Œil en Cascade * L'édition d'un ouvrage aux Éditions de l'Œilaccompagne l'exposition. ________________ LABO PHOTO est une action initiée par L'Œil en Cascade (Montreuil), qui a accueilli Youssouf Sogodogo en résidence, ainsi que Nadia Ferroukhi, Emeka Okereke et Sergio Santimano, en mission à travers le département de la Seine-Saint-Denis. - L'Œil en Cascade, basée à Montreuil, mène des actions en France et à l'étranger autour de la promotion et de la diffusion des cultures d'autres continents et des arts visuels contemporains. Cela va de l'organisation d'évènements culturels (résidences, expositions, projections, rencontres), à la pédagogie de l'image (ateliers, réalisations). Contact : 01 49 88 18 42 Contacter - L'association Espace Khiasma, basée aux Lilas ( Consulter le lien) a accueilli la résidence de Hicham Benohoud, et le Forum de Blanc-Mesnil celle de Ananias Leki Dago. Ce projet existe grâce au partenariat et au soutien financier du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, de l'AFAA (Association Française d'Action Artistique) et du FASILD (Fonds d'Action et de Soutien pour l'Intégration et la Lutte contre les Discriminations). * LABO PHOTO sera exposé au Forum de Blanc-Mesnil, du 24 septembre au 3 décembre 2005, et du 10 novembre au 10 décembre 2005 à Bamako (Mali), à l'occasion des 6e Rencontres africaines de la photographie (voir l'annonce du festival sur Actuphoto: Consulter le lien). Brigitte Ollier est la commissaire de l'exposition, scénographiée par Pierre Deltombe. ________________ LES PHOTOGRAPHES : Hicham Benohoud Ananias Leki Dago Youssouf Sogodogo Nadia Ferroukhi Emeka Okereke Sergio Santimano - Hicham Benohoud Né en 1968. Professeur d'arts plastiques à Marrakech, il sollicite ses élèves comme modèles, les mettant en scène au beau milieu d'un cours. Dans ce cadre familier, il instaure une atmosphère d'étrangeté à travers laquelle il questionne le malaise social, politique et religieux qu'il ressent au Maroc. Son travail se développe sur le terrain des arts plastiques, avec une série de photos d'identités de ses élèves qu'il découpe, colorie, triture. En Europe, il crée une nouvelle série, Version Soft, où, retournant son appareil sur lui-même, il devient son propre sujet d'expérimentation. Hicham Benohoud est aujourd'hui très présent sur la scène photographique internationale. Le livre LA SALLE DE CLASSE a été publié par les Éditions de l'Œil en 2001, ainsi qu'un Carnet de la Création consacré à un travail mené par Hicham Benohoud avec des lycéens parisiens. LABO PHOTO « Mon travail est comme un contrat, les gens adhèrent – ou pas. Je rentre chez eux, j'improvise et je refuse de revenir une autre fois. C'est une contrainte dans un espace-temps, je dirige et je crée moi-même cette action contrairement au reporter, qui enregistre. » Hicham Benohoud a presque transposé et mixé dans les intérieurs lilasiens ses « systèmes » de la Salle de classe et de Version soft : il s'est agi tout à la fois de mettre en scène les corps dans leurs espaces familiers, et les visages au moyens d'objets quotidiens. A travers ces portraits qui, tristes ou gais, n'en restent pas moins toujours ludiques, Benohoud donne une vision on ne peut plus personnelle de l'Afrique en Seine-Saint-Denis : celle d'individus apparemment détachés du corpus collectif, mais rattrapés par celui-ci au travers de tout ce qui les travaille malgré eux. - Ananias Leki Dago Né en 1970, diplômé de l'Institut national supérieur des arts et d'action culturelle d'Abidjan, Ananias Leki Dago travaille en France, Guadeloupe, Ethiopie, Mali, Espagne, Djibouti… Mais Abidjan reste « son terrain d'investigation privilégié, là où la lumière forte, burtale, découpe les êtres et les paysages, en surfaces géométriques » (Yann Le Goff). En 2000, il initie les Rencontres du Sud qui réunissent photographes ivoiriens émergents et autres photographes du Sud. Depuis, installé à Paris, Leki Dago continue d'affirmer un regard qui plonge les spectateurs dans un labyrinthe de points de vue. Un livre sur son travail a été publié par les Éditions de l'Œil en 2003 dans la collection des Carnets de la Création. LABO PHOTO « Ma langue maternelle est le français. Mes parents nous parlaient en dida, nous répondions en français. Mais je parle aussi nouchi, le créole urbain ivoirien, c'est notre identité culturelle. Le créole, c'est une liberté de parole, on déconstruit une langue pour en construire une nouvelle. La photographie, c'est mon créole. » De son séjour à Blanc-Mesnil, Ananias Leki Dago a ramené une série de paysages qui racontent cette banlieue avec finesse et douceur. Une vision presque surréelle, loin des clichés usuels, réalisée au petit matin, en pleine brume, et à travers laquelle Ananias Leki Dago a su remettre en question ses propres forces, celles du noir et blanc très contrasté, de la recherche géométrique très tranchée : ses photos de Blanc-Mesnil sont autant de tableaux impressionnistes en noir, blanc et gris. - Youssouf Sogodogo Youssouf Sogodogo est né en 1955 au Mali. Il commence des études d'arts plastiques à l'Institut National des Arts de Bamako en 1975. Son premier reportage, en 1980, l'emmène dans la région de Gao où il photographie les semaines artistiques, culturelles et sportives. Dans cette ville, il dirige le Musée du Sahel avant de rejoindre le Musée National du Mali à Bamako qui l'emploie comme restaurateur des textiles et responsable de l'hydrographie. Youssouf Sogodogo est connu pour son étude quasi-exhaustive sur les tresses des femmes maliennes. Plus tard, accueilli en résidence en Suisse, il développe un important travail autour de la lumière. Un livre sur son travail sur les tresses du Mali et la ferme de son frère a été publié par les Éditions de l'Œil : Youssouf Sogodogo (1999). LABO PHOTO « A Montreuil, j'avais envie de photographier les foyers où vivent les Africains. Beaucoup ont refusé. Non par peur de la photographie, mais ils ne souhaitent pas être photographiés ainsi. Leur tristesse est réelle. Même s'ils me font confiance, ils ne comprennent pas à quoi serviront ces images. Ce n'est pas facile de vivre dans un foyer. » Pour rendre compte de cette tristesse, mais aussi de la vie qui la masque, Youssouf Sogodogo a cette fois mis sa photo à l'épreuve du la vitesse, du mouvement, du flou, jusqu'à parfois atteindre à une photographie presque expérimentale, une photographie de sensation, d'une intense poésie. Sans pour autant jamais abandonner le modeste humanisme de son regard, son attention portée aux gens, à leurs instants les plus intimes, quand les pensées, les sentiments, se lisent sur les visages ou sur l'attitude d'un corps, la pose non maîtrisée, le mouvement imparfait. - Nadia Ferroukhi Née de père algérien et de mère tchèque, Nadia Ferroukhi a passé une enfance nomade, voyageant d'un pays à l'autre. Son grand-père maternel, photographe, lui transmet le virus de l'image. Devenue photo reporter, elle ne cesse de voyager. Un livre sur son travail en Algérie a été publié par les Éditions de l'Œil en 2005 dans la collection des Carnets de la Création. LABO PHOTO « Certains prétendent qu'on est photographe quand on gagne sa vie en photographiant. Moi, je me réveille et je m'endors avec la photographie. Mon métier, c'est de témoigner et de raconter une histoire en images. » Et si « la beauté africaine », les salons de coiffure choisis par Nadia Ferroukhi pour son reportage en Seine-Saint-Denis, n'étaient qu'un prétexte pour parler racines, tresses, nœuds… ? Mais non : cette attention aux visages, à ce qu'ils captent de lumière et ce qu'ils offrent de beauté, cette netteté d'un regard parfaitement frontal, empathique, cette façon qu'a toujours Nadia Ferroukhi de regarder son sujet à hauteur d'homme, tout cela évoque bien la beauté africaine… - Emeka Okereke Né en 1980, Emeka Okereke a été l'assistant de Uche James-Iroha pendant plus d'un an, et le plus jeune des membres de Depth of Fields, un groupe de six jeunes photographes qui travaillent à Lagos. En 2003, il reçoit le prix Jeune talent des Rencontres de la photographie africaine de Bamako. LABO PHOTO « Le tunnel était mon studio photo, et j'ai gardé son architecture. Africains ou non Africains, les gens ne font que passer, il ne se passe rien : mes photographies sont les traces de leur passage. S'il y a peu de gens, c'est intentionnel. » En transit en région parisienne, Emeka Okereke a pris son propre état comme sujet, et s'est attaché à photographier le transport, le trajet, l'aller-retour, vus comme une geste plus que comme un déplacement. En résultent deux travaux complémentaires : la fixité du regard sur un tunnel où passent et re-passent les gens, et le regard au contraire « fouineur » dans le métro, comme des notes photographiques sur ceux qui s'y laissent transporter presque mécaniquement. - Sergio Santimano D'origine indienne et africaine, Sergio Santimano est né en 1956 à Maputo. Il débute en 1982 à Domingo sous la direction de Ricardo Rangel. En 1982/1983, il travaille dans une agence de presse à Lisbonne, puis s'engage dans cette voie. Il travaille ensuite dans un laboratoire à Uppsala, étudie la photo documentaire, puis travaille en free-lance pour l'ONU et les ONG. Il vit aujourd'hui entre Maputo et la Suède, et s'intéresse aux conséquences de la guerre, à la renaissance de son pays et à la quête identitaire. Un livre sur son travail a été publié par les Éditions de l'Œil en 2005 dans la collection des Carnets de la Création. LABO PHOTO « Quand je suis venu à Paris, il pleuvait, comme à Bobigny et à Saint-Denis. Je n'avais encore jamais vu le canal, qui est comme de l'eau morte, et j'ai imaginé des Africains se promenant tranquillement sur les rives. Je me suis senti seul dans les rues, je marchais, je cherchais le bon moment. » Dans la droite ligne de son travail habituel, Sergio a travaillé comme un pur photo-reporter, photographiant effectivement la pluie et ses effets, mais toujours en recherche de la lumière juste, celle qui raconte l'ailleurs rêvé, regretté ou simplement trimballé -cette lumière presque romanesque qui est l'empreinte personnelle de Santimano au sein de la grande école de reportage photographique mozambicaine. ________________ Autourde l'exposition * CONFÉRENCEPAR ARNO GISINGER : MARDI 15 NOVEMBRE18H30,SALLE BETSY JOLAS,LE FORUM Depuis les premiers voyages photographiques des Européens et la photographie dite ethnographique jusqu'àla production contemporaineen Afrique, cette conférence questionne les relations visuelles qu'entretiennentles deux continents et retraceune histoire complexeet souvent problématique.Dans le cadre du cycle de conférences sur l'art contemporain et la photographie en Seine-Saint-Denis, cette conférence est aussi donnée: le 22/09 à Noisy-le-Sec,le 19 /10 à Tremblay en France, le 18/10 à Montreuil, le 17/11 à Saint-Ouen,le 18/11 à Aulnay-sous-Bois,le 5/12 à Pantin. Renseignements auprès du Conseil général de Seine-Saint-Denis : 01 43 93 77 88 Contacter > Détails des conférences sur le site de Arno Gisinger : Consulter le lien * TABLE RONDE : VENDREDI 21 OCTOBRE A L'ESPACEKHIASMA (LES LILAS) Rencontre-débat autourdes problématiques soulevées par LABO PHOTO:la résidence d'artisteet le regard de photographes étrangers porté surun territoire. > Détails du programmeet renseignements : 01 43 60 69 72 Consulter le lien

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Du 24/09/2005 au 01/12/2005

Statut : expositions terminé











 




Chaque fois que je photographie une femme, j'ai l'impression de faire reculer les frontières de la mort.
Lucien Clergue   














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