A travers cent cinquante photographies pour la plupart inédites, le photographe et académicien Lucien Clergue nous livre sa vision de l’Amérique : les déserts américains, White Sands dans le Nouveau Mexique et Death Valley (Californie), en passant par les routes de Santa Fé ou les rues de New York. Ses multiples sujets féminins photographiés dans les déserts, ses portraits de personnalités du monde de l’art (Christo, Yul Brynner, Lionel Hampton), de la politique (Jackie Kennedy), sans oublier ceux des photographes, qu’il a côtoyés tout au long de ses séjours ainsi que les œuvres architecturales emblématiques seront dévoilés au public.
Tout commence en 1961. Lucien Clergue est invité par le Directeur du Département de Photographie du MoMA, qui n’est autre qu’Edward Steichen, à présenter sa première rétrospective, il n’a que 27 ans ! L’arlésien découvre alors New York et les Etats Unis pour la première fois. Pour Lucien Clergue, l'Amérique a toujours été celle du photographe Edward Weston (1886 – 1958). Le photographe n'eut de cesse de vouloir se rendre à Point Lobos, réserve naturelle près de Carmel en Californie où chaque rocher porte la marque d’Edward Weston. Lucien Clergue découvrait le site d’un œil neuf, avec ses yeux de méditerranéen. Il soulignait le lien entre la forme des rochers et le corps humain, donnait une autre signification à ce paysage que Weston n’avait pas perçu. Ce travail est la source d’inspiration de ses ouvrages Langage des Sables puis Empreintes des Dieux.
Fasciné par l'architecture, Lucien Clergue photographie les réalisations de Le Corbusier à l'Université d'Harvard, la maison de l’architecte-designer Marcel Breuer et les différents quartiers de New York . En photographiant les fontaines du Seagrams Building sur Park Avenue, il retrouve la magie des mousses camarguaises.
Obsédé par la mort, il met en scène la femme nue, noire ou blanche, dans l’immensité des déserts de Death Valley et de White Sands. Il utilise souvent pour ce travail l’appareil photographique panoramique.
En couleur ou noir et blanc, l’Amérique reste une source d’inspiration pour un créateur sans cesse à l’affût. Ainsi, les nus deviennent zébrés dans un immeuble de la 51ème Rue de New York. Les premières photographies en surimpression naissent lors de multiples visites au Metropolitan Museum. Il explore les grands Polaroïds à Boston et à New York et découvre les possibilités picturales offertes par les pannes de télévision en photographiant l’écran avec le Polaroid petit format. C’est sans doute grâce à la lumière zénithale de New York ou celle des déserts qui ressemble à celle de sa Camargue natale que Lucien Clergue a le sentiment d’être chez lui en Amérique, même s’il continue à travailler dans son atelier arlésien.
En tant que fondateur des Rencontres d'Arles en 1969, Lucien Clergue a amené les photographes américains dans sa ville, tels qu’Ansel Adams, André Kertesz, Robert Mapplethorpe ou Joyce Tenneson. Il a ainsi fait connaître leur travail et a organisé avec eux les premiers workshops qui ont marqué la photographie européenne. Les échanges entre Arles et les Etats-Unis ont permis à la Photographie française de s’introduire outre-Atlantique. Les Rencontres d’Arles ont été le point de départ d’échanges entre photographes des deux continents.
Par son action continue auprès de l’État, Lucien Clergue a contribué à ce que la Photographie soit reconnue en tant qu’art, comme elle l’était déjà aux Etats Unis, notamment avec la constitution des départements photographiques dans les musées français. Fort de son expérience au MoMA, dès 1965, il crée avec Jean-Maurice Rouquette, Conservateur des Musées d’Arles, le premier département de photographie non vernaculaire dans un musée en France, le Musée Réattu, à travers la collection qu’il constitue auprès des photographes et qui comprend aujourd’hui près de 5000 photographies. Avec détermination et passion, il donne à la photographie ses lettres de noblesse, et à contribué à l’intègrer à l’éducation en participant à la création de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles en 1982.
Clergue in America est présentée au public pour la première fois. A travers 150 photographies, le public pourra découvrir la diversité des travaux photographiques de Lucien Clergue, inspirée par l’immensité, la lumière, la culture des Etats-Unis.
Après Les Gitans et leur Prince : José Reyes en 2009, Clergue dans l’arène, 50 ans de tauromachie en 2010, cette exposition est la troisième organisée en co-production entre la Mairie d’Arles et l’Association Lucien Clergue en Pays d’Arles.
Le livre Clergue in America, en version bilingue sera disponible le 31 mars en version papier et application IPad, une co-édition Association Lucien Clergue en Pays d’Arles et Sedicom World Grafic Design.
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