Sous le ciel « Sous le ciel » fait suite à un travail que Giorgia Fiorio a largement publié et exposé sous le titre « Le Don » : une exploration des diverses pratiques sociales et communautaires rattachées à une croyance, une activité spirituelle ou une religion, et dont la manifestation passe par le langage du corps.
« Sous le ciel » rompt ainsi avec son propos photographique habituel, dans le sens où la contemplation du paysage y occupe une place majeure : celui des montagnes aux frontières nord de l’Italie. Et métaphoriquement aux frontières de soi, car « Sous le ciel » s’inscrit dans la continuité logique d’une aventure visuelle et intellectuelle : la photographie de Giorgia Fiorio est indissociable d’une prise de conscience, d’une pensée.
La simple idée de faire face au paysage porte en germe une réflexion sur nos limites et sur l’infini, conditionne une attitude spirituelle, voire métaphysique. Plus encore lorsque le spectateur, artiste ou homme ordinaire, est confronté aux sommets, à la manière d’un Caspar David Friedrich. Notre culture occidentale envisage la place de Dieu dans le ciel, l’histoire de la peinture nous l’a assez répété.
Mais « Sous le ciel » prend également la forme d’un voyage, ou plus exactement d’une descente vers la terre, en l’occurrence le monde matériel, le quotidien de la vie, une traversée en différents paliers qu’elle décrit en ces termes : « Une fois là, en haut sous la voûte du ciel , il y a le dési r de traverser l ’espace en dessous, la dimension verticale de la front ière. Descendre, s’immerger dans le si lence des glaciers, senti r sous ses doigts l ’âpre concrétion des roches, entendre le grondement des tor rents dans les ravins, l ’écho de ses pas au fond des gorges creusées dans la pierre, où s’exhale l ’humidité des mousses, et , depuis la terre, regarder le ciel à l ’envers, de nouveau lointain et haut , caché par les branches et les feuil les au-delà du sommet des sapins séculai res. » Les images de cette exposition sont celles des montagnes contemplées, là où les sommets tutoient les nuages, où le soleil accentue les reliefs. Et la palette des noirs et blancs de Giorgia Fiorio retient avec exigence et talent les lumières ainsi que l’infinie richesse des événements visuels propres à ces paysages.
Créée par le Musée de l’Elysée à Lausanne, l’exposition Hans Steiner Chronique de la vie moderne a été présentée à la Fotostiftung de Winterthour, à la Médiathèque Valais-Martigny et au Museo Villa dei Cedri de Bellinzona.
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