inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous

 
Rubrique(s) : expositions, > Face à face : deux photographes haut-alpins


Face à face : deux photographes haut-alpins
+0
moins
plus


Le 2011-10-05 18:29:09

Partager:


g

L'exposition se tiendra du 7 au 28 juillet et du 31 août au 25 septembre 2010.

Cette exposition est une mise en scène, deux amis, deux regards, un territoire ; en vis-à-vis et dans la galerie du Théâtre. Loin de la confrontation, c'est plutôt une émulation, le jeu des sensibilités qui
s'entrecroisent.  

Pascal Ragoucy, la "photographie pauvre"
Pour Pascal Ragoucy l’acte de phtographier doit se réduire à un rapport le plus simple possible entre un individu et une situation. A partir de ce point de départ, il s’agit alors pour le photographe d’opérer des choix : choix du regard, de l’outil, et au final de la présentation : le résultat étant l’oeuvre photographique. C’est pour cette raison qu’il utilise régulièrement le sténopé.

Une pratique photographique particulière : le sténopé

Un appareil photographique à sténopé se présente sous la forme d’une boîte dont l’une des faces est percée d’un minuscule trou qui laisse entrer la lumière. Sur la surface opposée au trou vient se former l'image inversée de la réalité extérieure, que l'on peut capturer sur un support photosensible. Ce phénomène optique est décrit dès le IVe siècle avant J.C., dans un ouvrage de vulgarisation scientifique chinois le Mo Jing. A peu près à la même époque, Aristote (v.384-v.322 av J.C.) dans ses Problemata décrit aussi le phénomène. Cette découverte sera ensuite améliorée pour les peintres du XVIe siècle avec la machine à dessiner ou camera obscura

L’utilisation du sténopé implique pour le photographe de multiples contraintes :
• cadrage intuitif, il n’y a pas de possibilité de visée et de contrôle de ce cadrage
• temps de pose long,
• qualité médiocre du « piqué » : l’image est floue,
• profondeur de champ infinie : pas de plage de netteté,
• absence totale de déformation (image orthoscopique).
En définitive, l’image produite correspond avant tout aux critères de la machine qui la produit.

Paradoxalement, Pascal Ragoucy trouve dans ces contraintes une grande liberté d’action. Il peut appréhender le paysage avec les deux yeux ouverts, en avoir une vision totale dans laquelle il opère intuitivement pour composer ; pas de mise au point privilégiant une partie du cadre au détriment d’un autre ; perte des détails au bénéfice de la captation d’ensemble ; pas de déformation donc rendu des perspectives conforme à la réalité du sujet. Le jeu de l’image totale, sans artifice, l’image pensée plutôt que vue… finalement riche de sa pauvreté.


                                       La Gardette, © Pascal Ragoucy

Le travail photographique de Bertrand Bodin
Pour Bertrand Bodin, l'acte photographique est un travail à la fois intellectuel et instinctif. Intellectuel, car il demande une maîtrise technique, lecture de la lumière et de la composition et aussi une certaine capacité à conceptualiser son image. Instinctif, car au moment de déclencher, il oublie tout pour pénétrer un monde au-delà du monde. Une photographie doit être le
témoignage d'une vision personnelle, l'interprétation d'une pensée, d'une émotion, une envie de dire, d'inventer son propre langage, pour écrire un message, pour donner à voir et à sentir au-delà de l'image.
Les techniques photographiques qu’utilise Bertrand Bodin sont multiples. Il combine sans état d'âme l'argentique, le numérique, le noir et blanc, la couleur en fonction du but recherché. Amoureux de l'instantané, il utilise depuis longtemps les films Polaroid sous toutes ses formes à des fins
artistiques dans ses images de paysages : manipulation sur film SX70 Time Zero, transfert d'image ou transfert de gélatine. Les films Polaroid offrent un potentiel créatif infini. Avoir sous les yeux un tirage développé instantanément facilite des approches plus libres, plus expérimentales. Précurseur du numérique, il s’en sert pour ses carnets de croquis, l'étape finale étant la reproduction en Polaroid de ses impressions numériques ou de ses tirages

Influencé dès 1976 par l'oeuvre de Duane Michals, Bertrand Bodin construit des séries narratives. Il exploite la prise de vue et le montage numérique avec des impressions jet d'encre.

Pour sa série Ceres Pupa, il propose une comptine qui se fait fable philosophique, abordant la construction de l'être. Cette écriture photographique approche sa permanence dans l'accomplissement des cycles et d'un rêve. Histoire d'une femme-fleur et de son rêve de légèreté incarnat, histoire d'un vêtement qui donne vie à la poupée, à la jeune fille, à la femme, au recommencement. Le jeu subtil des renversements des valeurs construit une esthétique du fantasme.

Dans sa série Tellus Mater, il s'interroge. Il se met en scène et sent la terre qui vibre sous ses pas, silencieuse et lourde de reproches. Il sent la chaleur de ce monde inconnu, les battements de ce coeur minéral qui cogne obstinément à l'indifférence des hommes. Depuis combien de temps encore ? Car l'homme s'est depuis longtemps coupé de la vie, de la terre. Son passage a perverti un rêve ancien d'abondance : l'herbe pourrit désormais sous l'oeil du poète photographe. Reste l'ailleurs, vierge et vert de possibles.

                                          Tellus Mater, © Bertrand Bodin

Une rencontre avec les photographes se déroulera le mardi 6 juillet à 18h.



   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire




Code de validation






Mots clés / Tags : image, em, photographique, bull, bodin, bertrand, sous, nop, ragoucy, pascal, vis, rique, depuis, monde, utilise, photographe, totale, ve, crit, jeu,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  Le monde comme il bouge à La Brasserie

L’exposition « Le Monde comme il bouge » invite le public à explorer les univers d’artistes d’origines diverses. La Brasserie propose de réunir des œuvres sensibles aux bouleversements du monde. Les dérèglements d’origine économique, politique, culturelle, sociale ou climatique engagent ...

    Lire la suite



  Erich Hartmann present his New York Stories 1946-1957

These photographs are a small selection from the first ten years of Erich Hartmann´s photographic career which began in l946 when he arrived in New York City after Army service on the battlefields of France and Belgium during World War II.

He never tired of walking the streets of New York, always with camera in hand a...

    Lire la suite



  Marilyn vue par Bert Stern

2012, année de Marilyn ! Pour célébrer cette femme d'exception, Olivier lorquin a sélectionné avec Bert Stern, l'auteur de "La dernière séance", un ensemble de photos qu'il est heureux de présenter à Banyuls-sur-mer.


En 1962, Bern ...

    Lire la suite



  Hiroshi Watanabe expose ses portraits à l'AD-Galerie

L' AD-Galerie présente la collection de portraits du photographe Hiroshi Watanabe à partir du samedi 26 mai 2012.


Cinq portfolios consacrés au portrait constituent le thème de l'exposition d'Hiroshi Watanabe. Trois portfolios représentent un témoignage direct de...

    Lire la suite



  Do you remember the first time ? at Atlas Gallery

Do you remember the first time ? features works by contemporary photographers Olivo Barbieri, Jim Goldberg, Nathan Harger, Adam Jeppesen and Paolo Ventura, presented for the first time in London exclusively at Atlas Gallery. Many of these exemplary contemporary artists have been exhibited internationally, and are included in museum and distinguished private collections worldwide, bu...

    Lire la suite



  Neuf photographes de l'école MJM Graphic Design présentent leurs "Distorsions"

Neuf photographes, actuellement en troisième année d’étude de photographie dans une école d’arts appliqués – MJM Graphic Design – ont développé un projet personnel sur un an, en vue de cette exposition. Leur travail et la démarche d’accompagnement ont concouru vers un seul but :...

    Lire la suite



  Se souvenir de la mer au Château d'Avignon

Organisée par le Conseil général des Bouches-du-Rhône, sous le commissariat de Véronique Baton, historienne d’art, et d’Agnès Barruol, conservatrice en chef du patrimoine, l’exposition « Se souvenir de la mer » se déroulera du 23 juin au 31 octobre 2012 au domaine départ...

    Lire la suite



  Francesca Di Bonito expose à la Biennale d'art contemporain de Cachan

La Biennale d'Art Contemporain de Cachan se déroule du 29 mai au 30 juin 2012. De nombreux artistes à découvrir autour du thème de l'altérité.
Le triptyque "Sortie Fauve" de Francesca Di Bonito a été sélectionné.

Francesca Di Bon...

    Lire la suite



 


Photographe(s)

Bertrand Bodin
Pascal Ragoucy

Galerie du Théâtre La passerelle
137 boulevard Georges Pompidou
05010 GAP 
France

Voir tous les lieux

Du 7/7/2010 au 28/9/2010

Statut : expositions terminé











 




Voulez-vous me prendre en photo avec mon chapeau ? ce serait plus facile avec un appareil photo !
Philippe geluck   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l'actualité photo !