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SOUVENIRS DU VIETNAM : Liza Nguyen à l'Eté photographique de Lectoure
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Le 2011-10-05 18:22:57

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g A la Maison de Saint-Louis. Renseignements au 05 62 68 83 72 et Contacter Quel sens donner le 30 avril 2005 à la commémoration du trentième anniversaire de la chute de Saigon et de la fin du conflit américain au Vietnam ? Le temps passant, les souvenirs se recomposent dans une mémoire distanciée qui, peu à peu, transforme l'identité d'un pays en une destination touristique. Quels souvenirs rapporterons-nous du Vietnam ? Liza Nguyen nous confie ses “Souvenirs” d'un voyage en été 2004. Que regarder, que garder de cette rétrospection ? Ses séries photographiques montrent ce qui, dans l'histoire, résiste à la disparition. Paradoxe d'une mémoire des destructions guerrières successives se refusant à l'effacement, condamnant les uns à l'exil (deux millions de boat people ont quitté le pays depuis 1978) et les autres à la reconstruction d'un pays. Ses restes d'une visite, Surface et Cartes postales du Vietnam, nous projettent dans un présent confronté à un difficile oubli. L'esthétique photographique renvoie à une éthique du souvenir : quelle juste représentation de la mémoire nos sociétés acceptent-elles de poser sur leur passé ? Quels souvenirs construire d'une guerre qui aujourd'hui encore, du Vietnam aux ÉtatsUnis, tente de reconnaître son droit à un tribunal de l'histoire. L'histoire des chiffres peut défiler. De 1962 à 1975, 13 à 15 millions de tonnes de bombes ont été lâchées sur le pays (dont les bombes au napalm, au phosphore et à fragmentation), 4 millions de civils vietnamiens ont été tués ou blessés ; 663 000 soldats vietnamiens et 58 183 américains ont trouvé la mort après 92 000 soldats français. Depuis la fin de la guerre, les commémorations du cinéma hollywoodien se multiplient. Les images s'accumulent et semblent vouées à la répétition. Peut-être parce qu'à chaque fois elles ratent ce qu'elles prétendent montrer, la juste image d'une justification de l'horreur. La plupart de ces films ne s'attache pas à l'analyse des conditions historiques de la guerre mais à la réalité de l'événement. Mémoire oublieuse de sa raison historique qui préfère montrer la guerre, dire qu'elle a bien eu lieu, plutôt que de chercher son explication. Trou de mémoire qui se refuse à donner une humanité et un visage aux victimes. [...] Au Vietnam le souvenir de la guerre n'est à l'échelle ni d'un musée ni d'un mémorial mais à celle d'une nation. Alors Liza Nguyen part dans un pays familier, celui de son père, dans lequel elle n'a pas grandi et dont elle est étrangère. Comment faire le deuil d'une histoire et d'un pays que l'on n'a pas connu ? Sa question devient la nôtre, celle que pose toute mémoire : comment prétendre commémorer une histoire encore présente ? En réponse, ses photographies proposent une cartographie de la mémoire qui reproduit celle de la guerre : Hanoi, Haiphong, Diên Biên Phu, Da Nang, Huê, Saigon... De ces lieux, ses photographies ne donnent à voir que de la terre. Autant d'images manquantes. “Surface, dit la photographe, représente une poignée de terre emportée comme souvenir sur des lieux de mémoires, des sols chargés d'histoire sur lesquels ont combattu des Français et des Américains. Une terre indexée à l'histoire, à des corps devenus poussière”. Du nord au sud du pays, dix-neuf poignées ramassées, emportées, mises à plat puis photographiées. [...] L'itinéraire de la photographe reprend celui des bombardements meurtriers et des déversements d'herbicides sur le territoire du Vietnam. [...] Entre 1961 et 1971, près de 5 millions de Vietnamiens ont été exposés aux herbicides dont les effets cancérigènes et les atteintes aux systèmes immunitaire, nerveux et reproductif (provoquant des malformations congénitales) sont toujours visibles aujourd'hui. Dans Surface, la photographe décide de montrer cette souffrance en faisant disparaître les visages et les corps des victimes. Que partage-t-on avec ces images, que partage-t-on avec cette histoire ? Précisément ce qui leur manque, ce qui nous manque, une perte dont les restes de terre disent l'inhumanité de leur passé. Au Vietnam, les gens comme la terre ont été assassinés. La terre du Vietnam est-elle morte ? Il lui reste assez de vie pour témoigner. Ce témoignage se pose en miroir de ce qui tient lieu de mémoire officielle : musées de la guerre, anciens chars, hélicoptères, camions ou bateaux militaires érigés en stèles ou en mémoriaux, monuments aux morts et statues des grands hommes... Comment accueillir les souvenirs réordonnés d'une histoire de l'horreur ? Les photographies se transforment en Cartes postales du Vietnam, une série de 7 dépliants composés chacun de 12 images. Nous sommes invités à regarder l'histoire dans sa forme la plus banale, sa forme touristique. Sommes-nous dérangés par l'horreur de ces images ou par l'horreur de leur point de vue distancié ? Ces cartes postales renvoient au problème de la banalisation de la violence de l'histoire. Ce thème, évoqué par Primo Lévi lorsqu'il dénoncera la dimension “enjolivée” et “figée” du camp d'Auschwitz transformé en musée, hante la problématique d'une juste représentation des drames de l'histoire. Comment représenter l'inacceptable ? [...] En rapportant ses “souvenirs” là où elle vit, entre la France et l'Allemagne, Liza Nguyen nous rapporte la mémoire de cette guerre. À quelle histoire appartiennent ces morts dont les visages absents se dessinent dans les éparpillements de terre de Surface et dont les corps meurtris s'exposent dans Cartes postales ? La photographe, dans un geste aussi courageux que troublant, nous rapporte notre histoire et interroge la capacité de l'image à restituer le passé. L'image dit quelque chose en même temps qu'elle convoque ce qui lui échappe. [...] C'est dans la limite du pouvoir représentatif de l'image – toujours manquée – que surgit positivement son immatérialité. Une immatérialité que l'on peut définir par la notion de reste. Un reste dont le réveil à la conscience donne toute sa valeur au travail de mémoire. Ce travail serait le lieu du témoignage. Témoignages d'identités, d'humanités, à travers lesquelles la photographie vient rendre compte, rendre un compte, en signant et signifiant sa fascination et sa peine devant la perte de son propre référent : le temps qui passe. Octave Debary. Liza Nguyen est née en France. Elle vit à Paris et à Düsseldorf, où elle suit l'atelier de Thomas Ruff. Elle est lauréate du prix Fnac 2005, ex aeqo avec Arnaud Lesage: Consulter le lien Informations sur le festival : Consulter le lien © Liza Nguyen

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Photographe(s)

Liza Nguyen

Centre de photographie de Lectoure
5, rue Sainte-Claire
32700 Lectoure 
France

Voir tous les lieux

Du 23/07/2005 au 28/08/2005

Statut : expositions terminé











 




La photo, c'est un instant saisi, le plus fort, le plus touchant, le plus douloureux.
Chahdortt djavann   














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