inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous

 
Rubrique(s) : expositions, > IMAGES LIMITES: Guillaume Janot à l'Eté photographique de Lectoure.


IMAGES LIMITES: Guillaume Janot à l'Eté photographique de Lectoure.
+0
moins
plus


Le 2011-10-05 18:22:57

Partager:


g A l'école Gambetta. Renseignements au 05 62 68 83 72 et photoalectoure@club-internet.fr Abondance d'images dans une société de l'abondance. [...] Abondance d'images de communication au service d'une esthétique de la persuasion. Face à l'efficacité des stratégies de marketing et de promotion, l'art est-il équipé pour proposer une alternative ? Contrereprésentation, contre-information, contre-propagande... : si l'on peut aisément convenir d'une définition de l'activité artistique en termes de résistance, la stratégie de l'opposition frontale est-elle encore dotée d'une efficacité ? Le Moloch communicationnel a cette effarante capacité de se nourrir de tout, de faire image en digérant tous les régimes de représentation, y compris ceux qui lui seraient étrangers voire hostiles. À l'ère du débat sur la marchandisation des œuvres de l'esprit, le modèle du spectaculaire gouverne très largement les productions culturelles. Si l'on était pessimiste, il suffirait de relire Guy Debord et de se rendre à l'évidence du triomphe du spectaculaire intégré. Par exemple, le second paragraphe d'un texte datant de 1963 et intitulé Les situationnistes et les nouvelles formes d'action dans la politique ou l'art : “Une même société de l'aliénation, du contrôle totalitaire, de la consommation spectaculaire passive, règne partout, malgré quelques variétés dans ses déguisements idéologiques et juridiques. On ne peut comprendre la cohérence de cette société sans une critique totale, éclairée par le projet inverse d'une créativité libérée, le projet de la domination de tous les hommes sur leur propre histoire, à tous les niveaux”. Tout cela a été compris de longue date par les publicitaires, les patrons des médias et leurs armées d'animateurs. La critique situationniste du système a été cyniquement intégrée par le système. Cette perversité menant à une innocuité de toute velléité critique a largement été décrite par Jean Baudrillard. Selon lui, la critique frontale n'est plus possible. Si on le suit, il faudrait prendre les choses à revers, utiliser finalement les armes de l'ennemi pour le combattre. Il faudrait s'insérer dans le système – sans y appartenir –, et pratiquer une dérive dans le système spectaculaire. Après le mythe d'une soi-disant société post-industrielle, le mythe d'une ère de l'information gouverne les imaginaires. Tout aujourd'hui est ramené au concept d'information, mais paradoxalement, alors que les réseaux se sont démultipliés, alors que de nouveaux types d'opérateurs sont apparus, l'information n'a jamais été aussi peu fiable. D'autres images de la réalité sont toujours aussi nécessaires. Dans l'histoire récente de la photographie, les pratiques et les discours critiques ont épuisé les registres de représentation d'un réel trop médiatisé, en restaurant successivement les catégories de l'objectivité, du quotidien, de l'intime et du banal. Trop de mots d'ordre et pas assez d'images justes. Trop de diktats et pas assez de souplesse. La proposition de Flaubert de “bien écrire le médiocre” a trop souvent été comprise et réinterprétée au premier degré. Dans le champ littéraire justement, au cours de ces années 90 où Guillaume Janot mettait en place son travail photographique, un auteur s'est distingué : Douglas Coupland, qui, avec Génération X et Microserfs notamment, a su trouver les régimes narratifs, les lexiques descriptifs et le Style – un style éminemment plastique – pour dire une génération qui vient après la fin de l'histoire. Aux grands modèles globaux d'intelligence du social devait succéder une procédure d'exploration de vies minuscules, de micro-histoires. Pour cela, il fallait inventer un style qui ne renie pas mais au contraire soit informé par la culture populaire, de MTV à Macintosh. Cette culture de la génération X transformée en dix ans en une génération.com, en passant du modèle de la télévision à celui de l'ordinateur. Guillaume Janot a su créer un style singulier en assumant le syncrétisme. Il a su trouver les moyens plastiques de transcender les modèles de ses prédécesseurs, tout en réintégrant ce qui avait pu être filtré dans l'art par la photographie éditoriale, par la culture des magazines et de la communication visuelle. Puisque la publicité vend un package assemblant le produit et la vie qui va avec, il semble plus que jamais nécessaire d'inventer des images qui représentent les à-côtés d'une vie gouvernée par le parcours des couloirs de supermarchés et les heures passées face à la télé. Il assemble ainsi portraits métonymiques et paysages de fausse carte postale pour décrire un monde qui refuserait l'effet Prozac insidieux d'une société de consolation. Le monde ne correspond évidemment pas aux images diffusées par le journal télévisé, pas plus qu'à celles des tunnels publicitaires, des soap operas ou des reality shows. Les images du début des années 2000 produites par Guillaume Janot contiennent en filigrane toute la violence des événements récents, toute l'inquiétude générée par une sensation de perte de contrôle du sens de l'histoire. Sans pathos pourtant, elles jouent de plusieurs niveaux de discours, en maniant le symbolique et en assumant les séductions de la belle image. À ses yeux, une bonne image est celle qui est “à deux doigts de se casser la gueule”. Se succèdent dans les séquences qu'il assemble le cliché du coucher de soleil façon calendrier des postes et l'évocation de l'iconographie propagandiste du réalisme socialiste. C'est ce style frôlant les limites qui lui permet d'évoquer la rémanence des barbaries à l'ère d'un globalréalisme faisant fi des individus. L'ère du stress, de l'atonie face à l'agression, de l'angoisse face au pire qui est toujours à venir. Un climat de tension, traduit par son Paysage #25 : à l'horizon d'une route de campagne, un arc-en-ciel sortant de nuages noirs. Une promesse de bonheur dans un atmosphère chargée, plombée. Pascal Beausse Informations sur le festival : http://www.next-photo.com/actuphoto/page.php?page=pronews/news_complete&id=1469 © Guillaume Janot

   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire




Code de validation






Mots clés / Tags : ta, ra, da, na, images, socia, ma, style, ga, histoire, systa, information, face, critique, trop, guillaume, moda, spectaculaire, janot, ration,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  Le monde comme il bouge à La Brasserie

L’exposition « Le Monde comme il bouge » invite le public à explorer les univers d’artistes d’origines diverses. La Brasserie propose de réunir des œuvres sensibles aux bouleversements du monde. Les dérèglements d’origine économique, politique, culturelle, sociale ou climatique engagent ...

    Lire la suite



  Erich Hartmann present his New York Stories 1946-1957

These photographs are a small selection from the first ten years of Erich Hartmann´s photographic career which began in l946 when he arrived in New York City after Army service on the battlefields of France and Belgium during World War II.

He never tired of walking the streets of New York, always with camera in hand a...

    Lire la suite



  Marilyn vue par Bert Stern

2012, année de Marilyn ! Pour célébrer cette femme d'exception, Olivier lorquin a sélectionné avec Bert Stern, l'auteur de "La dernière séance", un ensemble de photos qu'il est heureux de présenter à Banyuls-sur-mer.


En 1962, Bern ...

    Lire la suite



  Hiroshi Watanabe expose ses portraits à l'AD-Galerie

L' AD-Galerie présente la collection de portraits du photographe Hiroshi Watanabe à partir du samedi 26 mai 2012.


Cinq portfolios consacrés au portrait constituent le thème de l'exposition d'Hiroshi Watanabe. Trois portfolios représentent un témoignage direct de...

    Lire la suite



  Do you remember the first time ? at Atlas Gallery

Do you remember the first time ? features works by contemporary photographers Olivo Barbieri, Jim Goldberg, Nathan Harger, Adam Jeppesen and Paolo Ventura, presented for the first time in London exclusively at Atlas Gallery. Many of these exemplary contemporary artists have been exhibited internationally, and are included in museum and distinguished private collections worldwide, bu...

    Lire la suite



  Neuf photographes de l'école MJM Graphic Design présentent leurs "Distorsions"

Neuf photographes, actuellement en troisième année d’étude de photographie dans une école d’arts appliqués – MJM Graphic Design – ont développé un projet personnel sur un an, en vue de cette exposition. Leur travail et la démarche d’accompagnement ont concouru vers un seul but :...

    Lire la suite



  Se souvenir de la mer au Château d'Avignon

Organisée par le Conseil général des Bouches-du-Rhône, sous le commissariat de Véronique Baton, historienne d’art, et d’Agnès Barruol, conservatrice en chef du patrimoine, l’exposition « Se souvenir de la mer » se déroulera du 23 juin au 31 octobre 2012 au domaine départ...

    Lire la suite



  Francesca Di Bonito expose à la Biennale d'art contemporain de Cachan

La Biennale d'Art Contemporain de Cachan se déroule du 29 mai au 30 juin 2012. De nombreux artistes à découvrir autour du thème de l'altérité.
Le triptyque "Sortie Fauve" de Francesca Di Bonito a été sélectionné.

Francesca Di Bon...

    Lire la suite



 


Photographe(s)

Guillaume Janot

Centre de photographie de Lectoure
5, rue Sainte-Claire
32700 Lectoure 
France

Voir tous les lieux

Du 23/07/2005 au 28/08/2005

Statut : expositions terminé











 




Qui voit la figure humaine correctement ? le photographe, le miroir ou le peintre ?
Pablo picasso   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l'actualité photo !