inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous

 
Rubrique(s) : expositions, > Corps Singuliers - Carla Van De Puttelaar


Corps Singuliers - Carla Van De Puttelaar
+0
moins
plus


Le 2011-10-05 18:29:09

Partager:


g

Les modèles de Carla van de Puttelaar ne sont pas parfaits, même s’ils donnent cette impression à première vue. Du fait que la couleur de la peau ait été blanchie à dessein, les corps font penser à des statues peintes, bidimensionnelles, en marbre quelque peu translucide ou en albâtre. Mais les détails, ce sont les petits défauts de la perfection, que la photographe salue avec joie. Une écorchure, la rougeur d’un talon, la chair de poule, des cils singulièrement raides, un grain de beauté ou mieux encore un motif de grains de beautés sont accueillis par l’artiste comme un présent du ciel. Elle-même dirait : « un petit cadeau ». Avec elle, une aréole peut devenir un paysage énigmatique. Toutes ces atteintes à la perfection de l’épiderme seraient effacées en un tour de main par d’autres photographes. La retouche répond à l’aspiration romantique d’une apparence physique surnaturelle, quasi divine, d’une séduction irrésistible. La retouche ramène le physique au niveau d’une norme supposée générale tandis que Carla van de Puttelaar recherche au contraire ce qu’il y a de particulier, de personnel chez les femmes qu’elle choisit pour modèles. L’intérêt qu’elle porte à ces modèles s’exprime à travers chacune des photos. Elle a fixé leur image en une série de portraits de nus qui constitue un ensemble autonome. La technique est frappante. Quand on veut faire, de près, un portrait en pied qui restitue tous les détails avec une netteté égale, on ne peut se contenter d’une seule photo car il se produit un effet de distorsion. Carla van de Puttelaar a pris trois photos de chacun de ses modèles, de même qu’un peintre peut également vouloir accorder la même attention à chaque élément d’un portrait. Puis la photographe a effectué un montage impeccable des trois clichés partiels. (…) Des turbulences se forment dans la tête du spectateur qui contemple ces photos. Il pourrait voir, dans ces nus étendus, représentés en pied, précisément en raison de cette pâleur relative, de ces yeux clos et du noir profond en arrière-plan, l’ombre de la Camarde. Mais il s’agit d’un leurre. Sur les photos de Carla van de Puttelaar, les femmes gardent leur personnalité, elles posent – l’une plus ouvertement que l’autre. Elles vivent. Elles font bon accueil à la photographe, mais pas au spectateur, d’une certaine façon. Elles ne sont pas engageantes, demeurent retirées en leur for intérieur. Elles n’ont absolument rien d’érotique, encore moins de pornographique. Et c’est là un effet mystérieux de ces photos, car ces femmes sont jeunes et belles. Mais leur beauté ne semble pas de ce monde. C’est comme si l’artiste avait privé le spectateur de ses pulsions hormonales et l’obligeait à regarder, sans jugement préconçu ni arrière-pensées, ce qu’est un corps, une fois qu’il a été soustrait aux remous sexuels de ce monde. De quelle manière s’y prend-elle, c’est son secret. La pâleur des femmes sur ses photos est seulement un élément parmi d’autres, au même titre que les yeux clos et le noir sur lequel elles reposent. À supposer qu’elles soient allongées dans l’herbe, avec les yeux grands ouverts et la peau rose, la possibilité qu’elles deviennent l’objet de rêveries érotiques resterait minime. Sont-elles donc irréelles ? On peut multiplier les objections à cette idée. Chaque détail confirme leur réalité. Non, décidément, comment elle arrive à produire cet effet reste le secret de Carla van de Puttelaar. (…)

Bob Frommé. Extrait de « La beauté d’un naevus», in The Beholder’s Eye



   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire




Code de validation






Mots clés / Tags : photos, puttelaar, van, carla, mod, ment, beaut, femmes, peut, spectateur, yeux, photographe, effet, int, pied, arri, autres, retouche, clos, portrait,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  Katarzyna Majak : « Women of Power »

Women of Power consists of 29 color photographs depicting Polish witches, healers, sorceresses, visionaries, spiritual leaders and shamanic techniques practitioners.

According to what Ewelina Jarosz wrote about Women of Power : "The title points to Katarzyna Majak's intenti...

    Lire la suite



  Yves Marcellin présente ses « remémorations » à la Kiron Galerie

C’est à une invitation à la sérénité et à un retour sur soi que nous propose Yves Marcellin dans cette exposition inédite, installation photographique consacrée aux cinq remémorations du Bouddha.

Empreint des écrits du vénérable moine bouddhiste Thich Nhat Hanh, et plus particulièrement sensi...

    Lire la suite



  Michael Ruetz « The family of dog »

With "The Family of Dog", Michael Ruetz has created, over the last 50 years, a unique body of photographic work. Superficially, these images might appear to pay tribute to the established forms of animal photography. But a second, more focused view shows that the reverse is true. Ruetz' pictures are as far removed from those of the animal specialist...

    Lire la suite



  Jill Magid : « Failed States »

Failed States is an exploration of coincidence and poetics amid the barriers and bureaucracy of governmental power.

In January 2010, while on a trip to research the history of snipers in Austin, Texas, Magid witnessed a mysterious shooting on the steps of the State Capitol. After attempting to speak with a state empl...

    Lire la suite



  Hell Raisers à la Galerie Les Filles du Calvaire

Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...

    Lire la suite



  « L'émouvantail », le conte photographique de Stéphane Fedorowsky

Le conte photographique l’Emouvantail, se veut être « l’Echo » d’une histoire d’amour entre un épouvantail etune jeune femme, la Dame de l’O qui pourrait être celle de chacun d’entre nous… Mais pas seulement…

Souvent associé à un personnage eff...

    Lire la suite



  Un centre d'essai éphémère Olympus au coeur de Paris

 

Olympus installe un centre d’essai éphémère au cœur de Paris pour faire tester son nouvel hybride haut de gamme.
 
Au mois de juin, l’équipe d’Olympus investit la magnifique cours du Marais, au cœur de Paris, en installant un centre d’essai entièrement dédi&eac...

    Lire la suite


  Hans Steiner, "Chronique de la vie moderne"

Créée par le Musée de l’Elysée à Lausanne, l’exposition Hans Steiner Chronique de la vie moderne a été présentée à la Fotostiftung de Winterthour, à la Médiathèque Valais-Martigny et au Museo Villa dei Cedri de Bellinzona.



    Lire la suite



 


Photographe(s)

Carla Van de Puttelaar

Box Galerie
88 rue du mail
1050 Bruxelles 
Belgique

Voir tous les lieux

Du 31/3/2010 au 8/5/2010

Statut : expositions terminé











 




La technique, en photographie, a été trop longtemps ressentie comme première devant l'esthétique ou, à l'inverse, nuisible à celle-ci.
Gilles mora   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l'actualité photo !