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La photographie aurait-elle perdu sa nationalité française?
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Le 2011-10-05 18:29:09

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Le secteur de la photographie professionnelle est au plus mal, la France, berceau de la photographie doit agir! Après le dépôt de bilan du groupe Eyedea, Paris, capitale mondiale du photojournalisme a perdu deux pretigieuses agences: Gamma et Rapho. Certes, l'avénement de l'ère numérique a tout chamboulé, elle a d'ailleurs touché d'autres secteurs comme la musique. Cependant l'Etat semble délaissé particulièrement le secteur de la photographie.

Le congrès annuel de l'UPC, soucieux de l'avenir de la profession, a traité le weekend dernier des différents problèmes que connait la photographie professionnelle mais a aussi suggéré des solutions. 

Le congrès UPC 2010, un franc succès

Le congrès annuel de l'UPC* a eu lieu le weekend dernier dans l'un des plus grands studios européens de photographie: le Canalpix, situé à Aubervilliers. Ce tout nouveau studios de 4500 m² est composé de sept plateaux de prises de vue.
Ce congrès est avant tout "une rencontre, un lieu d'échanges et d'affinités" comme le souligne le président de l'UPC, Frédéric Baxin. Le secteur de la photographie a atteind son "seuil critique", il faut donc agir. Pour cela, de nombreux débats ont été organisés sur les perspectives de la photographie professionnelle et la question du patrimoine culturelle des photographies. D'autres sujets tels que la cession de droits, les contrats d'édition, les droits collectifs, les relations contractuelles des photojournalistes, la photographie noir et blanc, l'Agessa, et l'IRCEC, ont été abordés. Plus de 700 personnes ont assisté à ce congrès dans une atmosphère décontractée. Le célèbre photographe Reza ainsi que Lucien Clergue, l'un des fondateurs des Rencontres d'Arles et le premier photographe à entrer à l'Académie des Beaux-Arts ont chacun animé une conférence afin d'évoquer leurs travaux respectifs. Tous deux ont reçu une «standing ovation».                                                                                                                                                                         

La photographie: un secteur fragile dont il faut prendre soin                                                       

Le secteur de la photographie se porte mal, il faut à tout prix redinamiser ce secteur et pour cela il faut modifier son économie et obtenir des aides de l'Etat. L'association de photojournalistes, FreeLens et la Société des Auteurs des Arts Visuels et de l'Image Fixe (SAIF) lance l'appel: "sauvons la photographie", pour que la création visuelle continue d'exister et que les Auteurs Photographiques puissent continuer à produire des photographies. Cette appel est lancé pour mettre en place une constitution d'Etats généraux de la photographie. « Les utilisations massives de photos dites « libre de droits »,  les photographies à «1 euro », les photographies signées « DR » (droits réservés), la baisse générale des tarifs, les contrats de cession de droits ne respectant pas la loi, la remise en cause par les juges de la qualité originale des photographies, la banalisation de la photographie comme un bien de consommation et les autres atteintes à la profession de photographe doivent être encadrés juridiquement et socialement.
 
Ces pratiques abusives génèrent une crise économique sans précédent qui met en péril les auteurs photographes et les agences photographiques qui diffusent leurs images.

Il est demandé à l’Etat, garant des libertés et de la sauvegarde du patrimoine culturel, de tout mettre en œuvre pour réunir l’ensemble des acteurs de la photographie et trouver des solutions législatives à cette situation.
 
L’opinion publique et les représentants de l’Etat doivent prendre en compte cette réalité.

La France pays inventeur de la Photographie a le devoir de soutenir la liberté de création visuelle et maintenir une activité économique qui concerne des milliers d'emplois utiles à notre société. » (Pétition envoyée au Ministère de la Culture)
 
Le Ministère de la Culture, sensible à se crie d'alerte s'engage à aider le secteur de la photographie et tout particulièrement le secteur du photojournalisme en voie de disparition. La société Eyedea qui regroupe des fonds mythiques, comme Rapho, Gamma ou encore Keystone est en dépôt de bilan, la chute de Eyedea « n'est qu'un micro problème comparé au macro problème de la photographie » souligne Frédéric Buxin. « La France risque de voir le secteur de la photographie se délocaliser » alerte t-il, « le problème, c'est la perte de valeur des photographes dû au passage il y a une douzaine d'années au tout numérique. Le modèle économique des agences photos ne s'est pas adapté à la diffusion de masse ». De plus « les pouvoirs publics n'ont aucune donnée réelle sur le monde de la photographie. Elle ne fait l'objet d'aucune étude statistique ». Ici, Frédéric Buxin dénonce, de but en blanc, le manque de reconnaissance de la part de l'Etat envers la photographie. « Il faut aider la photographie au même titre que l'Etat aide la gestion des droits dans la musique. Le projet « Création et Internet »* n'a pas mentionné le problème des droits d'auteurs des photographes ».

 

Alexandra Lambrechts.

Sur la photo de gauche à droite: Frédéric Buxin, président de l'UPC et Jacques Salvator, maire d'Aubervilliers.


*Qu'est-ce que l'UPC ?
L'Union des Photographes Créateurs est une association loi 1901. Elle a été fondée en 1985 pour poursuivre et renforcer l'action de la FAPC (Fédération Française des Associations des Photographes Créateurs). L'UPC est la première organisation professionnelle de défense des droits des photographes auteurs. Elle représente les intérets de plus de 4000 photographes professionnels et est composée de 1700 membres actifs. L'UPC a pour but de promouvoir la profession et de veiller aux intérêts des photographes.

 *Projet de loi destiné à combattre le téléchargement illégal sur internet. (22 Octobre 2009)






  Les réactions & commentaires

El Andaloussi, je suis d'accord que la photographie n'est pas Française (et moi non plus). Un français a été le premier a réussir, oui (Nicéphore Niépce), mais graçe aux recherches d'autres personnes, de nationalités très diverses: Photography is the result of combining several technical discoveries. Long before the first photographs were made, Chinese philosopher Mo Di described a pinhole camera in the 5th century B.C.E.,[4] Ibn al-Haytham (Alhazen) (965–1040) studied the camera obscura and pinhole camera,[4][5] Albertus Magnus (1193–1280) discovered silver nitrate,[6] and Georges Fabricius (1516–1571) discovered silver chloride.[citation needed] Daniel Barbaro described a diaphragm in 1568.[citation needed] Wilhelm Homberg described how light darkened some chemicals (photochemical effect) in 1694.[citation needed] The fiction book Giphantie, published in 1760, by French author Tiphaigne de la Roche, described what can be interpreted as photography. (source Wiki). Et que la France ne s'ouvre pas assez, s'est vrai. Il n'y a qu'a regarder la télé. Tout les films sont en Français, aucun en VO (avec le digital, on peut l'avoir). Après on se demande pourquoi les Français sont nuls en Anglais... Mais là n'est pas la question. Le fait est que de grands emblèmes français de la photo disparaissent (ce qui n'est pas forcément le cas à l'étranger) et que le digital participe à tout cela. Mais oui, ils auraient pu choisir un autre titre peut-être... Envisages. "Les amateurs et des professionnels se contentent de photos de qualité médiocre et n'ont pas forcément identifié le bénéfice qu'il y aurait à faire appel à un photographe professionnel." Ne voulais-tu pas dire: le public n'as pas forcément identifié le bénéfice? :) Je suis amateur, pro en devenir et je ne me contente pas de photos médiocres (de moins en moins car j'apprends de plus en plus). Il ne faut pas généraliser. Certes, ce n'est pas devant chacune de mes photos que l'on fait "waw!", mais il faut bien apprendre et progresser. Là où tu as appuyé sur un point fort et la question de l'entreprise. La photographie est un art mais au niveau de la loi, on n'est pas classé au niveau des arts et spectacles... C'est une entreprise comme une autre. Et il est de plus en plus dur de vivre de la photographie. Donc oui, nous on a le devoir (si on veut survivre), de valoriser notre travail, de faire ressortir le côté "art". Mais l'Etat peut peut-être donner un coup de main aussi, comme cela a été et se fait avec la musique. Mais je ne pense pas qu'il y ait une solution miracle. Digimarc gratuit pour tout le monde? Ce serait un début... Interdire le micro-stock (qu'est-ce qu'il peut y avoir comme m**** là-dessus!) Tâche impossible. Une sélection? C'est comme la musique.. Michael Youn l'a bien prouvé: la m*rde, ça se vend comme des petits pains!

   Ilias | Signaler un abus 2010-13-04 13:34:36


Le monde a évolué, nous voici dans l'ère du numérique. Qui n'a pas son appareil ? Certes tout le monde se met à faire de la photo et les dérives vont bon train. Les amateurs et des professionnels se contentent de photos de qualité médiocre et n'ont pas forcément identifié le bénéfice qu'il y aurait à faire appel à un photographe professionnel. Alors n'est-ce pas à nous les photographes de faire que les choses changent ? N'est-ce pas à nous de communiquer différemment pour que notre métier soit considéré ? Entend-t-on parler de photographie à la télévision ? Très peu. Interroger les gens dans la rue et demandez-leur de vous citer un photographe contemporain connu... Parle-t-on d'un photographe comme d'un entrepreneur ? Non nous sommes dans la catégorie "artistes", avec tout ce que ce mot peut comporter d'à-priori, alors que nous devons également gérer notre entreprise, faire du marketing, du commercial, de la production, de la gestion... Les pays anglo-saxons l'on bien compris, des photographes et des agences ont de grandes réussites. Est-il trop tard pour faire évoluer nos mentalités ?

   envisages | Signaler un abus 2010-12-04 11:16:50


vous dite que la photographie a la "nationalité française" mais s'il vous plait, arrêtez, et de de cette manière que vous allez enfermez la photographie dans un ghetto qu'on appelle "france", et je devais suivre votre raisonnement, les mathématiques ont la nationalité "arabe" le "zéro" est chinois ou perse, la boussole "musulmane" l'électricité "anglaise" etc..... et si chaque nation réfléchissait comme vous et que chacun reprenne "son ivention" que restera t-il à la france. mais la france n'a jamais voulu s'ouvrir dans beaucoup de domaines vers des nations qui avant était des nations dites sous-développées, ignares , incapable de réfléchir, et la france s'est beaucoup plus tournée vers l'europe, vers l'amérique latine et du nord, puis vers l'asie, et l'on constate que tous ces pays ne sont pas "musulmans", et ce fut une grand erreure de la france, car en voulant bien faire, s'est enfermée, s'est isolée, car beaucoup de nations dites "sous-dev" vont rattrapper leur retard, pour plus tard les dépasser, car ces nations ont les moyens de se développer contrairement à la france. au lieu de vouloir imposer son point de vue, la france a intérêt de revoir toutes ses positions quand aux transferts de toutes les technologies sans exeptions, car finalement ces nations iront chercher justement ces technologies où elles se trouvent, quitte à s'associer avec le diable il n'y a qu'à prendre exemple sur la chine, qui un certain temps était considéré comme un pays "folklore" "exotitiques" de "dépaysement" maintenant la chine est une puissance à part entière et l'avenir me donnera raison quand je dit que dans cinquante ans "pas plus" la moitié de la france appartiendra aux "chinois" et au "arabes" fortunés, et d'ailleurs, est ce que ça n'a pas commencé

   el andaloussi | Signaler un abus 2010-10-04 19:21:37


Je suis d'accord que les légions d'amateurs font un tort immense. Sauf que pour l'instant je suis amateur aussi mais souhaitant de devenir professionnel. (les critiques que j'ai sont très encourageantes). Sauf que le chemin pour devenir professionnel s'est rallongé. Certes, il est plus facile de publier ses travaux sur internet, mais on est noyé dans la masse de photos. (aussi, une formation aidera peut-être mais pour pratiquer un art, on a pas forcément besoin d'une formation, à part un peu de théorie que l'on peut apprendre par soi même). Là vient le problème du micro-stock. C'est un manque à gagner énorme. Certains professionnels le font mais moi ça ne me donne pas envie de prendre des photos par centaines juste histoire de récolter quelques centimes. J'ai envie que le travail que l'on fait soit apprécié et que l'on réfléchisse deux fois avant d'acheter telle ou telle photo. Mais avec un prix de 1 à 15cts, pourquoi réfléchir? Là je vous rejoins encore, Hervé: je pense aussi qu'à force de submerger le marché avec des images (pour la majorité) de basse qualité artistique, on aura un retour vers un travail d'excellence. En espérant que les agences de qualité survivront d'ici là... En ce qui concerne les nouvelles techniques, il y en a une qui a vu le jour: le HDR. Je ne sais pas si une telle technique est possible en argentique? Mais là encore, la facilité de création noie les bons dans la masse. Et la création avec photoshop ou autre? En argentique, il est dur de corriger des erreurs (il me semble?) (je ne parle pas des erreur d'exposition ou autres corrections de lumière. Mais je ne veux pas devenir photoshopographe. Et des photoshopographes, il y en a de plus en plus aussi. Faut-il labelliser ses oeuvres avec "no postprocessing" à chaque fois pour qu'on s'éblouisse devant nos travaux? Je tends à croire que oui... nb: pour la musique, il en va de même. On crée de plus en plus de musique mais de plus en plus de m**de (il faut le dire). Au moins, avant ils savaient faire de la bonne musique...

   Ilias | Signaler un abus 2010-10-04 12:54:59


Halte là, malheureux! Le monde change à toute allure. Dans ces grands boulversements, les photographes passent un mauvais quart d'heure. Soit. Mais soutenir une profession ne se justifie que si l'on peut anticiper à coup relativement sûr non seulement un retour à meilleur fortune, mais encore un retour de l'ancien environnement. Faute de quoi l'on soutien inévitablement des pratiques obsolètes qui s'adressent à un marché en décrépitude (ceci est une réflexion politique non spécifique à la photo). C'est mauvais pour les caisses de l'Etat (et donc pour nos poches!) et mauvais pour les photographes (en les incitant à persister dans des pratiques économiquement irréalistes). Comme je suis optimiste, je reste persuadé que, passé le raz de marée actuel, un vrai besoin de travaux d'excellence émergera. Longs sujets, traitements subjectifs et personnels, formats adaptés aux nouveaux supports de diffusion. Et j'affirme que les NTIC sont aussi porteuses d'opportunités pour les photographes. Mais elles réclament sans doute de nouvelles approches et d'autres pratiques (qui restent peut-être à inventer, ou dont les inventeurs restent discrets pour ne pas voir le cocotier secoué trop fort!) Dans les années 1870, Charles Chambon écrivait à Nadar: « Les affaires sont-elles brillantes à Marseille? Ici, elles ne le sont guère, le commerce en général se plaint beaucoup. Les légions d'amateurs nous font certainement un tort considérable » (in Histoire de la photographie, sous la direction de J-C Lemangny et A Rouillé, Bordas, 1986) Eclairant, non?

   herve | Signaler un abus 2010-10-02 23:14:48



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