"Avec Ricardo Compairé. El trabajo del fotógrafo, nous entendons aujourd’hui examiner au plus près la façon dont travaillait Compairé. L’idée qui parcourt le projet est que le photographe définissait sa méthode selon un mode rigoureux et systématique, propre à celui qui a conscience de la portée de sa mission. Il s’est donc s’agit d’examiner en détail comment il approchait le sujet et comment il cernait le thème pour qu’ensuite, par l’archivage, se constitue un corpus fidèle et complet sur cette réalité historique. L’intuition inhérente à sa pensée photographique du sujet et à la mise au point de son processus méthodologique a en fin de compte guidé notre choix des images.
Dans les expositions antérieures sur l’oeuvre de Compairé, ou bien l’on a adopté le point de vue ethnologique ou anthropologique, ou bien celui de l’anthologie à caractère esthétisant – sans pour autant négliger l’aspect documentaire. Concernant Ricardo Compairé. El trabajo del fotógrafo, le propos consiste à examiner spécifiquement les caractéristiques de son travail. L’idée principale est que Compairé travaillait d’une façon rigoureuse et systématique, méthode
significative de celui qui a une conscience aiguë de l’enjeu et du sens de sa mission, qu’il définissait ainsi : constituer des archives sous la forme d’un corpus photographique complet, pouvant expliquer et rendre compte de cette réalité en passe de s’éteindre – si ce n’était déjà fait – qui défilait devant son objectif."
Extraits du catalogue d’exposition, d’après le texte d’Enrique Carbó
Traduction Hélène Sorbé
"Sont exposés dans une vaste salle des tirages originaux de Ricardo Compairé, des impressions jet d’encre sur papier dit baryté, des palladium* dont j’ai effectué le tirage et - dans un autre lieu - des vues stéréoscopiques agrandies ou à regarder sous visionneuse. Pour ma part ce fut une expérience intense et exigeante ; 91 images furent ainsi interprétées et tirées en trois mois d’après les plaques de verre conservées par la photothèque de Huesca."
Laurent Lafolie
*Le tirage au platine/palladium est un procédé par contact sur papier coton. Cette technique inventée en 1883 permet de donner corps à l’image qui se trouve intrinsèquement liée à son support. Le rendu des photographies est à la fois visuel et tactile, chaud, nuancé et mat ; c’est le procédé photographique le plus stable existant actuellement.
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