inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous

 
Rubrique(s) : expositions, > Passés composés - Dimitri Fagbohoun & Yo-Yo Gonthier


Passés composés - Dimitri Fagbohoun & Yo-Yo Gonthier
+0
moins
plus


Le 2011-10-05 18:29:09

Partager:


g

De mémoire(s)
    « La mémoire ne sert à rien, sauf à se donner bonne conscience ». C'est par cette formule provocatrice ou ironique, selon, que débute le roman L'Apatrie de Jean Kehayan. Mais si ce propos sonne comme une provocation, il n'en demeure pas moins qu'il suscite l'interrogation. Et ce qui fait débat, c'est, bien souvent, ce qui nous révèle une autre façon d'appréhender ce que nous considérions jusque là de notre seul point de vue comme une évidence que rien ne pourra ébranler, ni remettre en question. Mais que soudain quelqu'un d'autre vienne bousculer nos certitudes et voilà que notre perception du monde s'en trouve bouleversée.
    Ce qui fait l'intérêt de la provocation qui réside dans la formule sus-mentionnée, c'est qu'elle vient comme balayer cette opinion selon laquelle la mémoire serait une chose sacrée qu'il nous faut vénérer. Opinion que nous avons fait notre, du fait de notre éducation. Mais cette formule sous-entend aussi et surtout que la mémoire est sélective, et qu'elle participe de notre perception du réel. La mémoire est avant tout une construction. La formule ne désacralise pas tant la mémoire ou son rôle, qu'elle ne nous en révèle les rouages, la mécanique. Mais qu'on nous révèle le mécanisme d'un jouet et nous voilà comme désarçonné. Le jouet semble dès lors perdre de sa dimension merveilleuse, et donc de sa valeur. Mais il n’en est rien. Or pour arriver à cette conclusion, il faut du temps, de l'attention. La mémoire à besoin de temps et d'attention pour se construire ou se reconstruire, selon.

De l'exposition

    A l'ère du règne de la vitesse, l'artiste, apparaît plus que jamais en marge, comme celui qui prend le temps. Le temps de pause, celui nécessaire à la rétine mémoire pour fixer, garder une image, une trace des événements passés. Et ce, même si dans l'histoire de l'art, il est arrivé, notamment avec le mouvement futuriste (1910), que l'artiste se fasse le chantre de la vitesse.
    Mais l'homme a beau être tout entier tendu vers demain, vient fatalement le temps de la réflexion, celui nécessaire pour prendre conscience du chemin parcouru. C'est à ce moment là que l'on interroge les images, qu'on se remémore les événements passés. Et que s'impose le dialogue avec les images. L'espace de l'exposition est un endroit où peut se tenir cette discussion.
    Photographier, les monuments ou les lieux de mémoires, est un exercice difficile, parce que le sujet en soi n'est pas facile. C'est pourtant le sujet sur lequel les deux artistes que nous présentons ont décidé de se pencher. Mais il ne s'agit pas pour eux uniquement d'éprouver leur technique mais bien plus de soutenir un propos. L'exposition propose de mettre en dialogue les travaux de ces deux artistes que sont Dimitri Fagbohoun et Yo-Yo Gonthier parce que nous pensons que la mise en regard de ces deux propos permettra de mettre en lumière des aspects de l'œuvre jusqu'alors inconnus.

Du dialogue
    Le plasticien Dimitri Fagbohoun dans sa série intitulée Historia s'intéresse aux traces laissées par la seconde guerre mondiale dans le paysage français et au-delà.  « Il s'agit, selon Yves Chatap, d'une série d’images dont la lecture donne à réfléchir sur la répétition de l’histoire, de la guerre, des exactions en tous genres, en visitant les lieux de mémoire, mais aussi en offrant une lecture symbolique de visuels à priori sans signification. »
    Dans sa série intitulée Outre-mer, le photographe Yo-Yo Gonthier interroge, quant à lui, la mémoire coloniale française par le biais de divers objets, monuments, plaques commémoratives faisant référence à la colonisation. C'est dans le contexte particulier qui a vu plusieurs événements provoquer de vifs débats, parfois confus, sur le passé coloniale de la France qu'il avait tenu à exposer pour la première fois cette série.
    Dans la galerie du 59 rue Rivoli, ce sera l'occasion d'une nouvelle mise en espace, qui permettra la confrontation de deux manières d'appréhender la question de la mémoire. Enfin, si le sujet est éminemment politique, nous verrons qu'il n'en est pas pour autant dénué d'une grande recherche esthétique. Car il s'agit avant tout d'une exposition photographique.

Dagara Dakin
Commissaire de l’exposition



   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire




Code de validation






Mots clés / Tags : moire, exposition, temps, yo, formule, selon, rie, propos, si, pass, images, nements, dialogue, celui, agit, sujet, rien, histoire, vient, int,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  Dmitry Baltermants : 
The Sovjet Union between 1940s and 1970s
War, Life & Glory

DIEHL starts its “Flaneur” selection with 42 works of the Soviet photo journalist Dmitry Baltermants. Best known for his pictures of the Soviet battlefield during World War II.

During World War II, Baltermants covered major battles for Izvestia and for the Red Army newspaper Na Razgrom Vraga. He fought and photographe...

    Lire la suite



  Franck Boutonnet pour une série sur l'Argentine

Le 24 mars 1976, le peuple argentin subit un coup d’état militaire. C’est le début d’une ère de répression sanglante, où quelque 30 000 personnes disparaissent et près de 500 bébés sont volés. Mais s’ouvre également une période d’ultralibéralisme d&ea...

    Lire la suite



  La côte chinoise par Zhang Xiao

Blindspot Gallery is pleased to present Coastline featuring emerging Chinese photographer Zhang Xiao’s award-winning series Coastline that focuses on the continuous 18,000 kilometres of China’s coastline. The series does not merely capture the seaside landscape of these coastal areas, but also witnesses the changes o...

    Lire la suite



  Le "In/Out" de Catherine Lambermont

Du dépouillement des clichés de Catherine Lambermont se dégage une poésie narrative. Ses images composent une suite d’instants d’observation libre. Son travail réhabilite le continuum qui caractérise chaque frontière. La frontière est le lieu du lien. Entre le corps et l’es...

    Lire la suite



  Eric Rondepierre à l'Arsenal de Metz

Eric Rondepierre a choisi de montrer au sein d'un travail multiforme, certaines des oeuvres qui ont partie liée au cinéma, depuis ses débuts en 1992. Sur un parcours de vingt ans, 56 pièces ont été prélevées dans dix séries : Excédents, Annonces, Précis ...

    Lire la suite



  Simone Nieweg, la photographe des paysages

Simone Nieweg is a photographer of gardens and landscapes. Her work, as it has manifested itself over the past thirty years, knows no other interest. At the same time, a certain serenity hovers over her pictures. In them, nature seems entirely focused on itself. One immediately notices that human beings are absent. The allure of colors and shapes...

    Lire la suite



  Les "Corps & Graphie" de Gérard Uféras

« Je ne peux m’empêcher, atteste Gérard Uféras, d’associer la pratique de l’Art à la notion d’amour et de partage ». (extrait de son livre Etats de grâce, éditions du Fantom)

Vingt années durant, Gérard Uféras a &eac...

    Lire la suite



  Du nouveau à la Pobeda Gallery

«Egyptian pack» evokes many associations - here are both Petersburgers favorite topic of werewolves (see the movie of E. Yufit «Corpsmen werewolves») and references to the Perm animal style.

Also we can recall British film «The Wicker Man» (1973) with its ritual procession of the man-beasts, ho...

    Lire la suite



 


Photographe(s)

Dimitri Fagbohoun
Yo-Yo Gonthier

59 Rivoli
59 rue de Rivoli
75001 Paris 
France

Voir tous les lieux

Du 6/1/2010 au 17/1/2010

Statut : expositions terminé











 




Il faut aimer la solitude pour être photographe.
Raymond Depardon   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l'actualité photo !