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Vie est espaces, Fragments d'un écart - Fausto URRU
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Le 2011-10-05 18:29:09

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Cette exposition est la première exposition personnelle réunissant plusieurs séries de travaux du jeune photographe sarde, Fausto Urru. Né en 1983, à Oristano, il est diplômé de l’École Supérieure des Arts de l’Image « le 75 » de Bruxelles, option photographie et d’un master 2 en Sciences politiques, de l’Université de Bologne. Hormis l’exposition d’une série de photographies au Musée International du Carnaval et du Masque, Binche, en 2009, il a participé à plusieurs expositions collectives.

La scénographie de cette exposition personnelle de Fausto Urru aura une grande importance dans la monstration d’un ensemble de séries photographiques aidant ainsi à une lecture sensible du travail. Fausto Urru explore des espaces, trouve des cadrages, fabrique des images, qui, dans leur actualité, portent en elles la mémoire des lieux ou des personnes. La photographie est là, non pas pour figer et garder une trace morbide du passé, mais pour cadrer, d’une façon particulière selon chaque sujet visé, un lien visible, une tension saisie et donc présente dans l’image, entre l’homme et son environnement.

La Libre off 2008, série de 7 photographies couleur
Une fois terminée la conférence de presse, les trois autres photographes commencent en toute tranquillité à déplacer les pancartes publicitaires du groupe financier et à les composer de façon entièrement autonome. L’attaché de presse reste surpris et ne réussit pas à proférer un seul mot. Il regarde, tout comme moi. En toute liberté, donc, les photographes improvisent deux studios et demandent ensuite au Président de poser pour eux. « Asseyez-vous ici. Tournez un peu la tête. Souriez. » Click. « Attendez un peu. Posez les bras sur la chaise, comme ça. Regardez un peu de trois quarts. Souriez légèrement. » Click. Et ainsi de suite. Drôlement manié par les photographes, le Directeur avale la bouchée amère de la presse. En silence, il accepte tout ce qu’elle lui inflige, pour une inversion temporaire des rapports de pouvoir. Parfois, j’ai l’impression d’être dans un théâtre de marionnettes où les fils sont tellement entremêlés que l’on ne réussit pas à apercevoir qui utilise qui. Ce qui est sûr est que personne ne veut remettre en question ce théâtre. Tout le monde l’utilise à sa guise.
Je me permets beaucoup de choses que je n’aurais pas faites si je n’étais pas stagiaire au journal. Ma carte de visite consiste dans les mots : stagiaire, ou simplement photographe, de La Libre Belgique. Ça les rassure. Il y a une histoire derrière ces mots. Une histoire connue et acceptée. Une vision du journal et de la photographie qu’il met en pratique, qui induit ces gens à ne pas douter.

RP
2007-2009, série 18 photographies n/b
Relations publiques pendant les foires et les salons. J’explore la temporalité de ces relations publiques, pour trouver le décalage qui s’instaure lors de ces événements ; l’étrangeté qui fraie son chemin dans la foule attentive qui participe ; la critique sociale qui glisse dans les coulisses de ces expositions. Mais aussi : la façon de signifier l’espace qui les contient ; la relation entre la façade propre de l’organisation, la perfection formelle de l’événement et ce qui est latent ou caché. Il y a souvent une discordance entre l’idéal à l’origine de l’événement et son déroulement. Je m’interroge donc sur les significations de ces événements et sur les idées qu’ils voudraient évoquer ou entretenir : la Belgique gourmande, le mythe de l’Orient, du Progrès, du Confort...

Autour de la Cité Modèle 2008-2009, série 18 photographies n/b
1958 : Exposition universelle de Bruxelles. La Cité Modèle, un complexe de logements sociaux, comme son nom l’indique, se veut une démonstration grandeur nature de la ville du futur selon l’utopie égalitaire de Le Corbusier : un logement universel pour un nouvel homme universel. «Humanisme et modernité» étaient les mots-clé de la pensée de Fernand Brunfaut, architecte, député socialiste et idéateur de la cité. Maîtrisable et rassurante, la Cité devait succéder au chaos de la ville. Conçue au départ comme un morceau de ville indépendante pouvant offrir aux habitants tous les avantages d’une ville réelle, mais dans le cadre de vie sain et proche de la nature, la Cité aurait dû en quelque sorte contenir les fuites dans cet immense et solide rêve de bien-être, ordre et calme.

Chez-soi
2007-2009, série 10 photographies n/b
Le foyer prend une place prépondérante dans la vie quotidienne des personnes âgées.
Certaines personnes ne veulent plus quitter leur maison ; d’autres, la quittent pourtant pour rejoindre une maison de retraite. Quels rapports entretiennent-elles avec ces espaces vécus ou récents ?
Je me suis proposé de déceler de quelle manière on rend intime un espace, comment on le rend acceptable. Mémoire et conscience du présent se mêlent ainsi dans le chez-soi, comme si ce lieu n’avait qu’une temporalité unique et généralisée, courbée par le passé, et tordue à nouveau par le présent. Vie est espaces.

Carrasegare 2006-2008, série 15 photographies n/b
Îlot de résistance, manifestation vitale d’une culture aujourd’hui menacée, le Carrasegare est un rite populaire sarde qui puise ses origines dans les croyances d’une société agro-pastorale, mêlées à d’anciens cultes d’origine dionysiaque. Chaque année en Sardaigne, entre fin janvier et février, lors du Carrasegare, les masques traditionnels miment la capture, la passion et la mort du dieu Maimone, dieu de la pluie et de la végétation. Umbrae silentes (ombres silencieuses), vétues de simples peaux de moutons – visages cachés par un masque en bois ou directement peints avec du charbon –, ils parcourent les villages au rythme funèbre des cloches qu’ils portent sur le dos, invoquant la pluie et pleurant une mort et une renaissance éphémères et cycliques. Aujourd’hui, les sociétés organisées autour de ces croyances traditionnelles – qui en définissaient les contours, les aspects de la vie quotidienne et le déroulement du temps –, sont mises à l’épreuve du processus de mondialisation, univoque et dépourvu de tout attachement au territoire. Sur les terres de Sardaigne, ces traditions essaient cependant, encore, de dialoguer, d’échanger, de survivre face à des bouleversements qui leur échappent. Ces croyances, ces rites et ces manifestations populaires – toute la richesse qui s’est sédimentée dans le temps – risquent toutefois d’être reléguées au domaine folklorique, hors la vie.
C’est dans ce contexte de fragilité que j’ai décidé d’interroger le Carrasegare, afin de montrer ce qui demeure encore vivant, malgré tout. Car le Carrasegare est un appel, une remarque finement jouée, une critique qui se déploie dans le froid, une affirmation d’une altérité qui veut rester telle, qui veut continuer à se distinguer. C’est une tentative de ne pas se laisser happer par la folklorisation des rites populaires, la destruction d’une culture qui s’efface. Ce deuil à venir, que ces masques représentent, va au-delà de leurs intentions : c’est du miel amer qui coule sur nos silences.

Festival itinérant de la marionnette 2009, série 30 photographies n/b
Le projet de cette exposition au CRP est également lié à la résidence du photographe sur le territoire de Valenciennes Métropole pendant le premier Festival Itinérant de la Marionnette qui s’est déroulé du 3 au 24 octobre 2009 dans 4 communes du Valenciennois : Aulnoy-lez-Valenciennes, Beuvrages, Bruay-sur-Escaut et Valenciennes (le Phénix). Avec le partenariat de la Communauté d’Agglomération de Valenciennes Métropole, le CRP a passé commande à Fausto Urru pour qu’il effectue un travail de prise de vues, à caractère documentaire et artistique, pendant la durée du Festival.
De plus, dans le cadre d’un travail spécifique à destination des jeunes publics et des familles, une partie de l’exposition du CRP sera particulièrement conçue pour la découverte de la photographie sur le thème de la figure, du masque et elle comprendra la série Carrasegare et les photographies du premier Festival Itinérant de la Marionnette 2009.
Pendant le Festival de l’Imaginaire organisé par le Service culturel de Douchy-les-Mines, la médiathèque et le cinéma Jean Renoir, le CRP et le Centre social de Douchy-les-Mines s’associent pour mettre en place des ateliers et des animations en rapport avec l’exposition de Fausto Urru. Ainsi la Compagnie Zapoï réalisera des ateliers et des animations de découverte de l’exposition. Des comédiens de la compagnie Zapoï vont créer des interventions spécifiques pour le jeune public et les familles mais également pour le public scolaire permettant une découverte ludique de l’exposition photographique.

Des visites gratuites et des ateliers de découverte seront offerts à toutes les écoles et les associations du territoire de la Communauté d’Agglomération de Valenciennes Métropole
(dans la mesure des disponibilités).

Le CRP et Fausto Urru se sont engagés à mettre la série de photographies du premier Festival Itinérant de Marionnettes à la disposition de la Communauté d’Agglomération de Valenciennes Métropole pour la deuxième édition du Festival Itinérant de la Marionnette en 2010.



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Photographe(s)

Fausto Urru

Centre Régional de la Photographie Nord Pas-de-Calais
Place des Nations
59282 Douchy-les-Mines 
France

Voir tous les lieux

Du 16/1/2010 au 16/3/2010

Statut : expositions terminé











 




Le photographe est comme la morue qui pond un million d'oeufs afin qu'un puisse éclore.
Georges-Bernard Shaw   














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