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Martin d'Orgeval - Establishment forever
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Le 2011-10-05 18:29:09

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« Dix-huit photographies, métaphores de l’establishment et de la ruine de l’âme qui, inéluctablement, accompagne sa quête de pouvoir.
Dans un bâtiment d’il y a cent ans, ou plutôt son squelette, a été arraché tout ce qui rend un lieu vivable : murs, escaliers, eau courante, radiateurs, par endroits le sol, le plafond. Ne restent que traces, fenêtres calfeutrées, bouchées, planchers rapiécés, fils électriques pendants.
Mon regard s’accroche à des scories qui racontent l’hypocrisie, l’étouffement, la déchéance de certaines prétendues grandeurs : une carafe en plastique pleine de clous, « bonheur » calligraphié à l’or sur fond rouge en chinois, un masque de chantier, une pelle à déchets. Au milieu de ce néant, un cabinet poussiéreux, arraché à une salle de bain détruite elle aussi.
Face à ce que Georges Bataille pourrait appeler pourriture, j’éprouve du dégoût, mais je suis séduit. Je me laisse aller au plaisir de la contemplation malsaine, peut-être morbide. Au contact de ce qui me révulse et m’effraie, je deviens pourtant cynique et tombe dans l’indifférence morale. Peu me chaut de juger et condamner une caste. Je préfère me laisser entraîner par cette délectation ambigüe, coupable, contre nature, qui m’attire comme une muse. J’attends que son emprise sur moi s’accroisse, se renforce, se prolonge – comme tout pouvoir, qui naturellement aspire à s’exercer et à s’étendre.
Des ordures, une fleur peut naître. Voici mes fleurs. »
"Eighteen photographs, metaphors of the Establishment and the ruin of the soul which inevitably accompanies the quest for power.
In a century-old building, or rather its skeleton, everything that makes a place livable has been torn to pieces: walls, stairs, running water, radiators, parts of the floor and ceiling. All that remains are traces of what used to be, sealed or boarded-up windows, hastily repaired floors, hanging electric cables.
My eye is attracted to this residue that speaks of the hypocrisy, oppressiveness and decadence of certain forms of self-proclaimed greatness: a plastic jug full of nails, the word ‘happiness’ inscribed in gold Chinese characters on a red background, a builder’s protective mask, a shovel for shifting waste. In the midst of this oblivion lies a dusty toilet, torn out of a bathroom that has also been destroyed.
When faced with what Georges Bataille might have called pourriture (‘rot’), I feel both disgusted and attracted. I give myself up to the pleasure of unwholesome, perhaps morbid contemplation. In the presence of what revolts and terrifies me, I become cynical and fall into moral indifference. It matters little to me to judge and pass sentence upon a caste. I prefer to let myself be carried along by this ambiguous, guilty, unnatural delectation that lures me like a muse. I wait for its power over me to grow, become stronger and extend – like all power, which naturally aspires to exercise itself and to spread ever further abroad. A flower can bloom in the rubbish. Here are my flowers"



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Photographe(s)

Martin d'Orgeval

Galerie Hussenot
5 bis, rue des Haudriettes
75003 Paris 
France

Voir tous les lieux

Du 14/11/2009 au 24/12/2009

Statut : expositions terminé











 




Quand mes fils ont été assez grands, je suis retournée à mes premières amours. Je n'ai pas de plus grand bonheur que de découvrir et photographier un peuple que je n'ai jamais vu. C'est comme mettre la main sur une pépite.
Marie-Laure DE DECKER   














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