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Hommage à l'auteur de « La Vida Loca »
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Le 2011-10-05 18:29:09

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Bouleversant !  Le long métrage de Christian Poveda, sorti dans les salles le 30 Septembre 2009, qui a fait tant de bruit est débordant d’émotion. Ce documentaire traite de la condition de vie des gangs salvadoriens, la Mara Salvatrucha et la Mara 18. Documentaire qui lui coûtera la vie, puisqu’on le retrouve assassiné le 2 Septembre 2009, au Salvador.

Christian Poveda, photojournaliste et reporter, a couvert de nombreuses guerres de 1980 à 1990 en Amérique latine, notamment au Salvador. Il y mettra les pieds pour la première fois en 1980, au commencement de la guerre civile. D’origine espagnole, Christian Poveda se sent comme chez lui en Amérique latine. Pendant 12 ans, il sera présent. 12 années de guerre civil qu’il suit jour pour jour en tant que correspondant de guerre et citoyen de cœur.

En 1981 il réalise son premier documentaire.

Il décide alors, en 1990, d’arrêter  le photo journalisme pour se consacrer seulement aux documentaires. Après avoir réalisé plusieurs courts métrages comme « On ne tue pas que le temps » en 1996, ou encore « Voyage au bout de la droite » en 1998, il s’arrête sur les gangs du Salvador qui l’affectionne particulièrement. On les surnomme les Maras en référence aux marabuntas, fourmis carnivores d’Amérique centrale qui détruisent toute vie sur leurs parcours. Ce phénomène de gang s’est construit sur le modèle américain (Los Angeles). Lors de la guerre civile (80-92), beaucoup de salvadoriens ont fuit le pays et se sont réfugiés aux États-Unis. Une fois là-bas, dans les ghettos latinos ils forment une bande unie. Un jour un des chefs est trahi, la bande se scinde en deux, ce qui forme : la Mara Salvatrucha et la Mara 18. « Une histoire de femmes » les plonge dés lors dans une guerre sans merci qui oppose les pauvres aux pauvres.

Il faut savoir que  70% des membres de ces gang sont des orphelins, tous âgés de 12 à  25 ans.  Christian Poveda nous retransmet la dure réalité  qu’est leur vie. Deux des personnages du film sont d’anciens pandilleros (ceux qui forment les bandes). D’ailleurs pendant le tournage, trois des personnages du film ont été assassinés.

A travers son documentaire il dénonce donc la solitude humaine absolue à laquelle ils sont confrontés, ainsi que l’humiliation et la soumission qu’ils subissent au quotidien. C’est tout simplement la haine de ceux a qui on a tout pris et rien rendu.

Pendant plus de deux ans il travaille minutieusement au sein de ces gangs. Il essaie, difficilement, de se faire accepter pour effectuer au mieux son travail. Il nous déclare que « les autorités anciennes ont toujours utilisé les gangs comme « rideau de fumée » pour cacher les graves problèmes comme le trafic de stupéfiants et la corruption ». Alors que ces gangs même vivent essentiellement de trafics de drogue et d’extension de fonds. Avec l’argent qu’ils récoltent ils achètent des armes et paient leurs avocats.

Le gouvernement de droite, qui est au pouvoir, applique la répression. On compte aujourd’hui au Salvador 19 000 prisonniers dans des lieux prévus pour en abriter 7000. Plus que le double ! Ce sont donc les multiples causes pour lesquelles s’était engagé Christian Poveda. A travers ce documentaire il cherche à établir « un vrai dialogue national pour que tous les salvadoriens, ensemble, trouvent une solution ». D’autant plus que le Salvador a le taux d’homicide le plus élevé d’Amérique latine, chez les 15-24 ans. Il est également le deuxième taux le plus élevé au monde. Ce film s’inscrit donc dans une action militante car il y a là, de la part de l’auteur, une volonté de sauver les générations futures et de promouvoir des mesures sociales.

C’est donc en plein cœur d’un combat qu’on aura coupé l’élan de ce brillant journaliste qu’était Christian Poveda. Alors qu’il voulait aider ces jeunes condamnés à éviter la mort, lui-même la trouve.


Gayané AKKUS / actuphoto.com



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Mots clés / Tags : poveda, christian, gangs, salvador, am, documentaire, guerre, mara, rique, vie, jour, alors, film, salvadoriens, pendant, latine, tait, taux, assassin, pauvres,

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Photographe(s)

Christian Poveda







 




Aujourd'hui, ma photo est une réflexion qui se concrétise dans l'action et aboutit à une méditation. La spontanéité - le moment suspendu - intervient pendant l'action, à la prise de vue. Une réflexion sur le propos la précède. Une méditation sur la finalité la suit. C'est là, pendant ce moment exaltant et fragile, que s'élabore la véritable écriture photographique : la mise en séquence des photos. Le souffle de l'écrivain est alors nécessaire à cette entreprise. Le photographe, n'est il pas celui qui écrit avec la lumière ? Mais à la différence de l'écrivain qui possède son verbe, le photographe est, lui, possédé par sa photo, par la limite du réel qu'il doit transcender pour ne pas en devenir prisonnier.
Abbas   














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