Du 20 octobre 2009 au 4 juillet 2010, le Conseil général des Hauts-de-Seine accueille au musée Albert Kahn à Boulogne-Billancourt une exposition d’envergure sur la Bretagne : « Bretagne : voyager en couleurs, photographies autochromes 1907-1929 ». L’exposition met en valeur l’un des fleurons du patrimoine départemental, la collection d’autochromes conservée au musée Albert-Kahn. L’autochrome est le premier procédé industriel de photographie en couleurs authentiques. S’ajoutent à l’exposition des fonds d’autochromes invités. Cette exposition est une adaptation de l’exposition, Voyager en couleurs, conçue par l’association Mémoire Photographique en Bretagne et présentée aux Champs Libres à Rennes en 2007 et au Port-Musée de Douarnenez jusqu’au 3 janvier 2010. L’exposition au musée Albert-Kahn est enrichie d’un fonds privé supplémentaire et de nombreuses séquences cinématographiques issues des Archives de la Planète d’Albert Kahn.
Au total, 143 reproductions d’autochromes sont présentées :
– 75 autochromes et 13 films, dont deux en couleurs, issus des collections du Conseil général des Hauts-de-Seine ;
– des autochromes des fonds de la Société Française de Photographie, de la Cinémathèque Robert-Lynen, du musée de Bretagne et du fonds privé Gustave Gain.
Par ailleurs, une quinzaine de vitrines comportent des objets. Exceptionnellement quatre bornes présentent des plaques autochromes originales. Pour cette exposition, le musée Albert-Kahn propose pour la première fois un audioguide en 15 étapes (réalisé en partenariat avec le musée de Bretagne à Rennes), ainsi qu’un parcours-jeu papier en 9 questions pour les enfants. L’exposition est ouverte aux nouvelles technologies avec des ordinateurs répartis tout au long de la visite qui proposent un panorama du fonds Bretagne dans les Archives de la Planète et un programme ludique sur le procédé autochrome. De plus, un site Internet dédié à l’exposition est mis en ligne : www.albert-kahn.fr/bretagne
Le projet d’Albert Kahn vise à constituer une mémoire iconographique des modes de vie voués à disparaître. Des opérateurs des Archives de la Planète sont envoyés notamment en Bretagne, tels Auguste Léon (Ille-et-Vilaine en 1915), Georges Chevalier (le Finistère, le Morbihan, les Côtes-d’Armor en 1920 et le golfe du Morbihan et la Loire-Atlantique en 1924) et Roger Dumas (Locronan en 1929). Au cours de ces différents voyages, ils prennent plus de 900 autochromes. À partir de 1912, Albert Kahn envoie aussi des opérateurs cinématographiques (Camille Sauvageot et Lucien Le Saint). L’autochrome est le premier procédé industriel de photographie en couleurs authentiques. Quand, en juin 1907, elle est commercialisée par la Société Lumière, elle révolutionne le monde de la photographie. Pour tester cette innovation, des photographes parisiens se tournent vers la Bretagne, une région combinant un caractère authentique et la commodité d’accès par le chemin de fer depuis Paris. Pendant plus de vingt ans, ils vont y photographier des sites célèbres, des paysages maritimes ou ruraux ainsi que des scènes de vie et de travail ou des cérémonies religieuses. Le regard porté sur cette région se trouve transfiguré par la couleur. Grâce à l’obtention de la couleur et des variations de lumière, le procédé autochrome permet d’accéder à davantage de fidélité et de vérité dans la représentation photographique. En Bretagne, la lumière changeante, les costumes ou les motifs des voiles vont fournir autant de prétextes à exploiter ses qualités particulières. Trois types de photographes sont représentés dans l’exposition : les amateurs (Charles Adrien, Gustave Gain et Fernand Monpillard), les professionnels (Jules Gervais-Courtellemont et Léon Gimpel) et les opérateurs des Archives de la Planète. Chaque groupe va manifester sa différence par les choix des sujets, des points de vue, des cadrages, les traitements de la lumière et la maîtrise des rapports chromatiques.
> Sens de la visite
L’introduction technique occupe tout l’étage de la mezzanine et met en accès des objets pédagogiques qui permettent de comprendre les procédés de l’autochrome et de la photographie des couleurs. Différents autochro-
mistes sont présentés. Le parcours devient ensuite thématique :
– Par les champs met en avant le caractère représentatif ou pittoresque des villages et de leurs habitants.
– Puis Par les grèves, signale combien la côte était un passage obligé et plein d’attraits pour les photographes qui suivaient souvent le parcours des guides touristiques.
– Dans une partie spécifique, Couleurs du temps présent, la valeur de témoignages sur la société de ces images des années 1910-1920 est soulignée.
– La grande Troménie de Locronan en 1929, procession religieuse ancestrale, constitue une partie à part entière puisqu’elle a été photographiée mais aussi filmée en noir et blanc et en couleurs.
– Le voyage se termine par une projection d’autochromes de vues de ports et de couchers de soleil, qui révèlent la beauté de la nature et favorisent l’imaginaire.
Une exposition réalisée pour Les Champs Libres (Rennes Métropole) par l’association Mémoire Photographique en Bretagne, en partenariat avec le musée Albert-Kahn – Département des Hauts-de-Seine et le musée de
Bretagne (Rennes), avec le concours de la Cinémathèque Robert-Lynen – Mairie de Paris et de la Société Française de Photographie. Un ouvrage en lien avec l’exposition a été édité en novembre 2008 aux Éditions Apogée (29 euros, 144 pages). Avec le concours, pour la partie inédite de l’exposition au musée Albert-Kahn, de Mme Merle des Isles et du Conseil général de la Manche. Le commissariat scientifique de l’exposition est assuré par Nathalie Boulouch (maîtresse de conférences en histoire de l’art contemporain et de la photographie, Université Rennes 2), le commissariat exécutif par Ronan Guinée du musée Albert-Kahn et la scénographie par Éric Verrier – Atelier Brise Pain.
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