L’exposition présente une sélection d’images représentant mes premières impressions visuelles de lieux et de rencontres dans la vallée de Chamonix. C’est donc très subjectif.
Le but de ce projet était de transposer sur la pellicule (si, si, toujours de l’argentique) un petit peu de l’émotion que j’avais ressentie en découvrant ces intérieurs, ces gens et ces jardins. La majorité des images ont été prises dans les cinq dernières années, mais certaines remontent à trente ans.
Parfois j’avais mon appareil de photo sur moi au moment de la première rencontre et ainsi la vraie première impression a pu être captée. Mais plus souvent j’étais obligée de revenir – souvent le lendemain, parfois des années après - sur le lieu pour prendre la photo, en essayant de retrouver dans mon propre regard ce qui m’avait ému à l’origine. C’est là où le travail devenait intéressant car à chaque fois, mes premières impressions ont fait place à de nouvelles impressions selon la lumière, l’ambiance et la confiance qui pouvait naître entre moi et ceux que je photographiais.
C’est en admirant le tableau de Van Gogh intitulé La chambre de Vincent à Arles que j’ai eu l’idée, il y a cinq ans, d'essayer de peindre sur la pellicule photographique mes impressions des nombreux intérieurs qui m’ont marquée tout au long de ma vie à Chamonix.
J’avais toujours fait des photos des belles banalités qu’on côtoie dans la vie de tous les jours, le quotidien, les gens au travail, au jardin, bref, le normal… L’appareil photo est, pour moi, comme un stylo et les photographies elles-mêmes deviennent le journal, truffé de souvenirs visuels puissants, capables des années après d'évoquer les détails d’un instant vécu.
Pendant cinq ans je me suis entrainée à ouvrir grand mes yeux et mes cinq sens pour enregistrer, avec mon appareil argentique, l’étincelle d’émotion qui accompagne souvent les premières rencontres, mais aussi les moments exquis de grâce où la lumière et la confiance partagée de mes sujets ont permis des photos, parfois touchantes, parfois purement graphiques et, j’espère, toujours humanistes.
Car l’intérêt de regarder une photographie des intérieurs et des jardins qui ont une âme est de pouvoir songer à la personnalité des habitants de ces lieux, des artisans, des hôteliers, des jardiniers, des jeunes, des anciens, tant d’acteurs qui participent à créer une vie, une ville, riche, variée et même exotique.
Merci à tous ceux qui m’ont ouvert la porte de leur maison, de leur lieu de travail ou de loisirs, de leur jardin, de leur quotidien. J’espère avoir réussi à montrer par ces photographies une harmonie simple et sans prétention. Un Chamonix de tous les jours, habité par des gens qui travaillent pour faire vivre une ville exceptionnelle.
Teresa Kaufman
PUBLICATIONS DE LA PHOTOGRAPHE
* Thérèse et ses deux frères, éditions La Fontaine de Siloé, 2008
* Plusieurs articles dans les revues régionales de montagne. Le plus récent dans ALPES LOISIRS, septembre 2009.
* Une cinquantaine d’articles illustrés dans la revue britannique YOUR CAT MAGAZINE.
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