Quelque chose ; il y a quelque chose.
Quelque chose que l’on n’a pas invité et qui survient, quelque chose qui ne se reproduira pas, si même on le voudrait répéter, quelque chose qui n’apparaît que pour rendre à la photographie son autonomie, révélant une autre réalité, surprenante et inattendue, le rituel du photographe et celui du modèle soudain perturbés.
Quelque chose dévoilant cette frontière incertaine où la magie de la vie se conjuguant au mystère du temps qui s’écoule viennent rompre le protocole : un accident, un contretemps se glissant à la prise de vue, au développement, et n’apparaissant qu’à l’impression, quand ce n’est lors de celle-ci.
Quelque chose d’indéfinissable et pourtant présent, livré à la seule émotion du spectateur, quelque chose qui ne se pourrait trop strictement définir, au risque de se voir réduire, quelque chose situé aux franges du monde.
Il n’est pas de photographie ratée, d’image manquée ; il y a seulement des images qui ont, l’espace d’un instant, échappé au contrôle du photographe, à la technique, révélant l’indépendance de l’appareil que l’on croyait entièrement maîtrisé, comme les possibilités infinies du réel en sa fugacité.
Ces photographies d’amateur dépourvues de légende, les photos-souvenirs, les images volées, cette petite monnaie de la photographie qu’a favorisée à la fin du XIXe siècle l’émergence de l’instantané, convient à la relecture et dévoilent un monde où le quotidien se découvre transgressé. Elles ne s’expliquent pas, elles ne livrent qu’une infime part d’elles-mêmes, nous laissant aux hypothèses, aux questions ; pourquoi ce regard échangé par deux hommes dans un portrait de groupe, ce nu furtif dans le salon, cette main sur le rideau ; pourquoi cette ombre menaçante sur ce couple dans l’herbe allongé, cette otarie dans l’automobile, ce monstre à deux têtes en surimpression ? Pourquoi ce visage rageusement griffé ? Pourquoi ce silence autour de milliers d’instants jamais renouvelés ? Pour nous à qui elles n’étaient pas destinées, dont nous n’étions pas les témoins, à qui elles parviennent comme des étoiles éteintes, miraculeusement épargnées car toutes furent, malgré elles, des « certificats de présence », elles appa- raissent bien plus qu’absurdes, amusantes ou inquiétantes com-me des éclairs pétrifiés, des scènes inexplicables. Elles ne sont pas l’envers du réel, mais son creux, l’essence même d’une vie latente que l’on n’a pu organiser pour l’éternité. Dans ces représentations qui voient «… perturber l’ordre inattendu des images… l’objet n’est plus qu’une représentation orpheline, une photographie pour elle-même »1.
Xavier Canonne,
Directeur du Musée de la Photographie
DIEHL starts its “Flaneur” selection with 42 works of the Soviet photo journalist Dmitry Baltermants. Best known for his pictures of the Soviet battlefield during World War II.
During World War II, Baltermants covered major battles for Izvestia and for the Red Army newspaper Na Razgrom Vraga. He fought and photographe...
Le 24 mars 1976, le peuple argentin subit un coup d’état militaire. C’est le début d’une ère de répression sanglante, où quelque 30 000 personnes disparaissent et près de 500 bébés sont volés. Mais s’ouvre également une période d’ultralibéralisme d&ea...
Blindspot Gallery is pleased to present Coastline featuring emerging Chinese photographer Zhang Xiao’s award-winning series Coastline that focuses on the continuous 18,000 kilometres of China’s coastline. The series does not merely capture the seaside landscape of these coastal areas, but also witnesses the changes o...
Du dépouillement des clichés de Catherine Lambermont se dégage une poésie narrative. Ses images composent une suite d’instants d’observation libre. Son travail réhabilite le continuum qui caractérise chaque frontière. La frontière est le lieu du lien. Entre le corps et l’es...
Eric Rondepierre a choisi de montrer au sein d'un travail multiforme, certaines des oeuvres qui ont partie liée au cinéma, depuis ses débuts en 1992. Sur un parcours de vingt ans, 56 pièces ont été prélevées dans dix séries : Excédents, Annonces, Précis...
Simone Nieweg is a photographer of gardens and landscapes. Her work, as it has manifested itself over the past thirty years, knows no other interest. At the same time, a certain serenity hovers over her pictures. In them, nature seems entirely focused on itself. One immediately notices that human beings are absent. The allure of colors and shapes...
« Je ne peux m’empêcher, atteste Gérard Uféras, d’associer la pratique de l’Art à la notion d’amour et de partage ». (extrait de son livre Etats de grâce, éditions du Fantom)
«Egyptian pack» evokes many associations - here are both Petersburgers favorite topic of werewolves (see the movie of E. Yufit «Corpsmen werewolves») and references to the Perm animal style.
Also we can recall British film «The Wicker Man» (1973) with its ritual procession of the man-beasts, ho...