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Surexpositions : Rencontres photographiques de Timisoara
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Le 2011-10-05 18:29:09

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g Timisoara (Roumanie) Centre culturel français du 9 juin 2005 au 24 juin 2005 En juin 2005, le Centre Culturel Français mettra en place les premières Rencontres Photographiques de Timisoara intitulées « Surexpositions ». Conçu comme une double confrontation entre d'une part un regard artistique et un regard documentaire et d'autre part entre un regard occidental et un regard autochtone sur la région des Balkans et les évolutions sociales qui ont découlé des Révolutions, cet évènements s'inscrit dans une logique d'échanges culturels et de diffusion de l'art contemporain. Ces rencontres photographiques de Timisoara sont destinées à devenir un événement récurrent réunissant une fois par an, dans plusieurs lieux de la ville, des expositions présentées au grand public. Ces Rencontres se veulent des Rencontres ouvertes à toutes les influences et toutes les tendances. Il nous paraît prioritaire de contribuer au dynamitage des frontières intellectuelles et artistiques, en brisant les cadres de la photographie dite « documentaire » ou de la photographie « artistique » en proposant une rencontre de toutes les photographies. La multiplicité des regards permettra d'appréhender des sociétés en perpétuelle évolution dans toute leur complexité. Ces Rencontres photographiques se veulent en même temps un moment de questionnement sur les images elles-mêmes. Proposer un entrecroisement de regards photographiques, c'est aussi un moyen de réfléchir sur le statut et la fonction des images dans notre société. Dans un monde saturé d'images, images des médias ou images personnelles, quelle valeur ont encore les photographies documentaires ? La « Surexposition médiatique » des images entraîne-t-elle une surexposition de l'image elle-même : comme si, à force d'être exposée, l'image perdait ses couleurs et son sens ? Quelle est la place du stéréotype au milieu de tous ces clichés : « Tant de clichés et si peu d'images ! » pourrions-nous dire, pour reprendre l'expression de Edgard Roskis . Peut-être le regard de l'artiste sur le monde, par le biais de la photographie peut-il redonner du sens aux images ? Mais les frontières entre la photographie dite « artistique » et le photojournalisme sont elles-mêmes sujettes à bouleversements, comme le constate Michel Poivert dans son article « Le photojournalisme érigé en objet culturel ». Le reporter, entre artiste et témoin historique, conjuguerait une mythologie de l'expérience vécue et une culture de la représentation. L'esthétisation du photojournalisme est devenue un nouveau territoire de la dialectique du sens et de l'émotion. Ces Rencontres photographiques s'inscrivent résolument dans un développement récent à la fois du marché de la photographie plasticienne et de la place de la photographie au sein des rendez-vous internationaux de l'art contemporain. En outre, les festivals ou biennales consacrées à la question de la photographie, plasticienne ou de type journalistique, ont connu une forte expansion ces dernières années (pour ne citer que la France les Rencontres d'Arles, Visa pour l'image à Perpignan, le mois de la photo à Paris...). L'une des spécificités de nos Rencontres sera cependant de mettre en évidence le regard de l'Europe Centrale sur cette question : une zone complexe où la photographie a connu un grand essor ces dernières années, sans encore atteindre une visibilité équivalente à celle des pays d'Europe occidentale. Il nous paraît en outre important de dégager deux enjeux sur ces Rencontres : il s'agira à la fois de Rencontres professionnelles et d'expositions destinées au grand public. Ces Rencontres professionnelles auront ainsi pour objectif de réunir des professionnels autour de la question de la photographie. Pour rester fidèle à l'optique que nous avons choisie, seront ainsi invités des spécialistes français : experts, universitaires, photographes, journalistes et leurs homologues roumains, serbes et hongrois. Par le nombre des lieux impliqués sur place dans la manifestation, ces expositions bénéficieront d'une très grande visibilité et seront accessibles au grand public. Dans leur présentation et dans le matériel explicatif accompagnant chaque exposition, ces Rencontres fourniront aussi au public les clefs susceptibles d'appréhender cette complexité. C'est aussi une opération de décryptage à laquelle nous convions les spectateurs car « l'image d'information dissoute dans la valeur d'exposition ne pourra se passer d'un discours dont on voit désormais affleurer les arguments ». Pour donner une cohérence à ce foisonnement, il nous a paru important en revanche de dégager chaque année une problématique à partir de laquelle pourraient s'articuler les expositions. Pour cette première édition, la problématique retenue s'articulera entre l'idée d'Evolution et celle de Révolution. Les sociétés d'Europe Centrale ont connu ces cinquante dernières années des bouleversements considérables dans tous les domaines. Il s'agira, à travers le regard du photographe, de rendre visible cette évolution mais aussi de lui associer un sens. Cette évolution a aussi été traversée de coups d'accélération qui ont pris la forme de révolutions et façonné l'imaginaire collectif par les images qui en ont été diffusées : de Budapest en 1956, en passant par Prague en 1968, jusqu'à Belgrade en 2000, sans oublier bien sÛr Timisoara en 1989. Il s'agit aussi de révolutions qui continuent de susciter doutes et interrogations, comme en témoigne le mot même de révolution, qui souvent est refusé à ces événements. Réfléchir sur les images des Révolutions en Europe Centrale c'est aussi réfléchir sur le concept même de révolution : comment et pourquoi les images de ces événements ont-elles contribué à définir ces événements de « Révolutions » ? -Pourquoi Timisoara ? La question de l'image de Timisoara est intimement liée à la question des images, celles diffusées par les journaux du monde entier en décembre 1989. Timisoara est devenue la ville de la manipulation par l'image, le symbole du danger des images documentaires qui, prétendant donner à voir la réalité, la travestissent. Le vocable même a suivi l'image : on ne parle pas en Europe occidentale de la révolution de Timisoara, mais « des événements de Timisoara ». Pourtant, l'image de Timisoara dans le contexte national est inverse : ville symbole de la Révolution roumaine, ville frondeuse, ville courageuse. Même si la vérité est loin d'être établie, toute une icônocité de ville glorieuse s'est construite autour de cette image. Car Timisoara reste dans l'imaginaire roumain la ville occidentale de Roumanie, ville qui bien souvent était considérée comme « en avance » sur le reste de la Roumanie. Cette image se double de l'image d'une ville multiculturelle. Il s'agit d'une ville qui, par son histoire et par les communautés qui y vivent encore, entretient des liens privilégiés avec le reste de l'Europe : Hongrie, Serbie, Allemagne, Autriche... Toutes ces dimensions font de Timisoara une ville idéale pour une réflexion sur l'image, dans toute sa complexité : image documentaire, image vérité, image symbolique, image-objet d'art ? -Quelles Rencontres ? Les expositions seront présentées dans plusieurs lieux de la ville, ouverts au grand public : galeries, Faculté d'Arts mais aussi cafés ou lieux alternatifs. Un plan permettra au visiteur de se constituer son itinéraire personnel au gré de ses envies. La variété des lieux sera suffisamment large pour offrir une visibilité maximale à ces Rencontres photographiques. Chaque exposition fera l'objet d'une communication tout à fait particulière et d'une véritable dimension maïeutique, en incitant le spectateur à s'interroger sur la photographie elle-même et son rapport à la réalité. A l'heure actuelle, voici les expositions programmées dans le cadre de ces Rencontres : -Exposition Gilles Saussier L'exposition de Gilles Saussier représente un condensé de la problématique même de ces rencontres. Sa démarche personnelle de photographe s'inscrit justement au croisement de la photographie artistique et journalistique, pour proposer une recréation du monde par la photographie : « Cette présence des gens et des choses (dans l'oeuvre de Gilles Saussier) se démarque de la recherche illusoire du réel et fournit l'indice d'un travail qui s'attache aux histoires, quitte à refuser de les classer, tout comme on se refuse de classer Gilles Saussier. Aux confins des disciplines, ses rubans documentaires défont les partages disciplinaires ». C'est aussi en cela qu'il produit un travail « engagé », qui dit quelque chose d'inédit sur le monde qui nous entoure. Le parcours même de Gilles Saussier révèle ce « mélange des genres ». Photographe pour l'agence Gamma, il prend en décembre 1989 les photographies de Timisoara et de Bucarest qui allaient faire le tour du monde : soldats mitraillés dans les rues, mouvements de foule et bien sÛr charnier de Timisoara. Gilles Saussier a ensuite quitté volontairement la photographie de presse à laquelle il reprochait de ne plus parler du monde mais de reproduire des canons esthétiques. Il fallait qu'il réinvente sa photographie pour pouvoir à nouveau parler du monde. C'est ce dont témoigne le superbe travail Living in the Fringe entamé au Bengladesh. En 2004, Gilles Saussier a choisi de revenir à Timisoara, sur « le lieu du crime » pour mettre en questionnement ces premières photographies qui lui ont assuré à l'époque une reconnaissance internationale fulgurante. Il s'agit aussi, par un nouveau travail photographique, de rendre justice à Timisoara, à l'image de cette ville et de s'interroger en même temps sur le statut du photographe de presse. Ce travail, en cours de création, sera présenté par le Kunstmuseum de Bâle du 1er mai au 25 aoÛt 2005 dans l'exposition Covering the real. -4 révolutions : exposition présentée par l'Agence France Presse L'agence France-Presse sera l'un des principaux partenaires de ces Rencontres. Sera proposée au public de Timisoara une exposition rassemblant des photographies de Budapest 1956, Prague 1968, Timisoara 1989 et Belgrade 2000. Pour chaque événement, seront présentées des photographies qui ont « fait la une » et des photographies qui, en dépit de leurs qualités, n'ont pas été retenues par les journaux. Cette exposition permettra tout d'abord d'inscrire ces quatre révolutions dans une même logique et d'opérer des rapprochements significatifs. On rappelle à cet égard à quel point la chute de Milosevic a pu être comparée à la fin de Ceausescu. C'est aussi un moyen de réinscrire Timisoara dans une autre dynamique, ce qui rejoint le travail entrepris par Gilles Saussier. Ce sera plus encore l'occasion de réfléchir à la manière dont les images façonnent notre perception historique et donnent une dimension symbolique aux événements. Cette dimension symbolique peut même aller jusqu'à en faire des photographies emblématiques : « Il y a certaines photos que la conscience collective universalise en les dotant d'une fonction symbolique : elles sont dissociées totalement de leur univers de renvoi concret et deviennent réutilisables dans les contextes les plus différents ». En présentant des images « célèbres » et des images moins connues, il s'agira de conduire le spectateur à s'interroger sur la photographie de presse. Quelle image permet à un moment donné de synthétiser un événement ? Quels éléments symboliques retrouve-t-on dans une photographie qui permettent de faire rentrer l'événement dans l'histoire ? -Participation serbe : Le Centre Culturel Français de Belgrade et le Centre Culturel de Belgrade seront partenaires de l'opération. Dans ce cadre, un ou plusieurs artistes photographes serbes exposeront au cours des Rencontres. -Participation hongroise : Tout en évoquant son enfance dans des blocs, Gardi Balazs propose un regard à la fois artistique et sociologique de l'espace urbain et de ses habitants. Artiste issu du photojournalisme, Gardi Balazs parle de la ghettoïsation sans l'esthétiser, de la misère sociale sans la dramatiser. La forme des ses photographies soutient leur contenu : les cadrages simples et le choix du noir et blanc suggèrent l'ordinaire et accentuent le hiatus entre un arrière-plan bétonné, vétuste et les personnages photographiés. Une série de photographies d'Almasi Laszlo, prises lors des évènements de 1956, sera également présentée. -Participation roumaine : Entre témoignage historique et poétisation du réel, les photographies d'Andrei Pandele semblent réintroduire la quotidienneté de l'Homme dans l'évènement historique. A partir de clichés pris avant 1989, lors de la Révolution et depuis, il devient possible d'appréhender l'histoire récente de la Roumanie sur laquelle Andrei Pandele appose son regard décalé. Des photos teintées d'ironie, parfois douces-amères. Razvan Jigorea, jeune photographe de Timisoara, membre fondateur du Quad group et du forum de critique photographique Punctum, nous proposera son regard artistique sur l'articulation entre évolution et permanence de la société roumaine depuis la Révolution à travers une série de photos prises dans le Maramures. Les clichés de Razvan Jigorea témoignent d'une quête d'images où l'on devine la vie. Cherchant à recréer une émotion sans proposer des photos trop ‘évidentes', Razvan Jigorea fixe un mouvement, laissant paraître, en transparence, l'histoire qui se cache derrière l'image, le moment de vie qui précède et justifie la photo. Cosmin Bumbut, membre fondateur du groupe 7zile, a reçu en 2003 le prix du meilleur livre d'art de l'année avec son magnifique « Transit » publié chez Humanitas. Photographe consacré dans les domaines de la mode et de la publicité, Cosmin Bumbut propose des clichés où le cadrage modifie notre perception des dimensions, de l'espace. D'autres clichés déstabilisent : un élément au loin, un mouvement trop rapide pour l'Å“il, des ambiances de fin du monde, un clin d'Å“il du personnage comme pour réintroduire le regard de l'artiste, sa perception du monde. Partenaires : Partenaires de Roumanie : Service Culturel de l'Ambassade de France en Roumanie, Agence France Presse, Mairie de Timisoara, Conseil Départemental de Timis, Musée du Banat, Faculté d'Arts Plastiques de l'Université de l'Ouest, Union des Artistes Plastiques de Timisoara, Galerie Carola's, Art Club, Fondation Rubin, TVR Timisoara, Artphoto, PhotoMagazine, Ideea, Regard, Alcatel, Fropin, Fuji, BRD Société Générale. Partenaires de l'étranger : Centre Culturel Français de Belgrade, Centre Culturel de Belgrade, Institut Français de Budapest, Centre Culturel Hongrois de Bucarest, Ecole d'Arts de Metz, Département d'Arts Plastiques de Paris VIII, Mairie de Mulhouse, AFAA, ArtPress, Photo

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