Stéphanie Lacombe veut voir la vie de la cité, l’ordinaire des jours. Elle choisit dans chaque appartement, le même point de vue, le même angle de prise de vue, la même pièce. Et alors, bien sûr, ne se voient que les différences de vie, toutes les histoires qui font l’épaisseur du quotidien. L’intérieur des maisons parle des habitants.
Dans le développement de cette ethnographie photographique, le repas quotidien
apparaît rapidement comme un moment clé. Le discours sociologique sur la
nourriture parle de convivialité, de symbolique de l’alimentation, de repas de fête, de réseaux sociaux réactivés dans les moments exceptionnels où l’on ouvre sa table. Se laisser voir manger, banalement, découvre une autre dimension de l’alimentation et de la vie sociale.
Les premières images de dîners, de déjeuners, rebutent presque. La scène que la photo dévoile, éloigne les clichés. Le moment est terne, presque triste, sans étincelle positive. Ce n’est pas beau à voir, mais surtout comme le souligne un lapsus, pas beau à se voir. Un repas banal est un miroir pour tous. Quelque chose plombe ces moments. La photographe s’est installé avec son matériel encombrant, pourtant elle est totalement hors-cadre, sa présence est effacée. On ne l’invite pas à partager le repas : aucune convivialité donc, mais on lui offre bien plus, un accès à l’intime, à ce qui ne se partage pas habituellement. Chaque image est un éclat de vérité.
Habituellement l’emphase sur le plaisir de manger en masque la nécessité.
Manger est grave, angoissant à la limite. Mais il faut le montrer pour que vous le voyiez ! Le mangeur s’isole, même quand plusieurs partagent la table. L’incorporation est solitaire. L’appétit, l’avidité, la méfiance, ces mouvements et ces retenues, ouvrent une brèche dans les conventions. Dans le plus ordinaire de la vie, l’intime s’exhibe, comme « la lettre volée », invisible sous les yeux de tous, évidente, mais masquée par la banalité. Qui montre, qui sait parler de la vie ordinaire ? Jeff Walls la reconstitue, minutieusement mais il la théâtralise. Stéphanie Lacombe la révèle. Elle écarte l’anecdote et, de ses clichés, émerge alors isolement et tristesse car le bonheur ne sourd pas des vies ordinaires de la banlieue.
La profondeur de son regard dégage la trame de la vie. Elle propose une expérience, à travers la
photographie, où l’autre se livre car il s’engage. La confiance que suscite Stéphanie Lacombe lui permet de pénétrer intérieurs et destins et de pouvoir revenir 5 ans après, de se faire accueillir à nouveau très bien. Car elle ne juge pas. Elle fait face à la réalité de la vie, et écoute sans instrumentaliser ceux qui se laissent être
photographiés.
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During World War II, Baltermants covered major battles for Izvestia and for the Red Army newspaper Na Razgrom Vraga. He fought and photographe...
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« Je ne peux m’empêcher, atteste Gérard Uféras, d’associer la pratique de l’Art à la notion d’amour et de partage ». (extrait de son livre Etats de grâce, éditions du Fantom)
«Egyptian pack» evokes many associations - here are both Petersburgers favorite topic of werewolves (see the movie of E. Yufit «Corpsmen werewolves») and references to the Perm animal style.
Also we can recall British film «The Wicker Man» (1973) with its ritual procession of the man-beasts, ho...