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La photographie, l'autre objectif de Nadine Morano
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Le 2011-10-05 18:29:09

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Nadine Morano aime emprunter le matériel des photographes de presse pour saisir ses collègues du gouvernement . Sensible aux clichés ayant un rapport avec l'histoire, la secrétaire d'État affectionne également l'intimité qui s'exprime dans l'œuvre de Robert Doisneau.

Si la secrétaire d'État à la Famille n'avait pas réussià faire de la politique, elle se serait bien vue photographe de presse.

Son rêve, Nadine Morano l'a réalisé : «C'était de faire de la politique.» Le virus lui a été inoculé à l'école, en CM1, par un maître qu'elle aimerait bien revoir. «Il s'appelait M. Perez, il, était très dur, mais remarquable. Il nous faisait chanter Le Chant des partisans. C'est grâce à lui que j'ai acquis le sentiment d'appartenance à une communauté nationale, et l'envie de servir mon pays.» Elle a retrouvé l'écho de cette émotion non pas le jour de l'élection de Nicolas Sarkozy, mais juste après son investiture, quand il s'est rendu devant le monument aux martyrs du bois de Boulogne pour un hommage à Guy Môquet et qu'il a fait jouer Le Chant des partisans.«Alors que le soir de la victoire, j'étais contente, là, j'ai carrément pleuré, se souvient-elle. C'était une sorte d'aboutissement de mon engagement personnel.»

Dans la famille Morano, on est politisé et «à la maison, c'était parfois compliqué». Le père, chauffeur de poids lourd, était chiraquien. La mère, standardiste dans une compagnie de taxis, n'avait d'yeux que pour Giscard. Mais si, malgré cette soif de servir et cet environnement familial, la petite Nadine n'avait pas réussi à accomplir son rêve ? Elle cherche, elle ne voit pas… Ah si, il y a bien un métier qui l'aurait tentée : photographe de presse.

Les gens plus que les paysages

La photo appartient elle aussi à la tradition familiale. Nadine Morano se souvient encore de l'éclair du flash à ampoule quand son père officiait. Elle revoit les boîtes métalliques dans lesquelles étaient entassés les superbes portraits de son arrière-grand-père, boulanger à Fécocourt, dans les Vosges, entouré de sa fratrie et de ses dix enfants : «Grâce à ces photos, j'ai mis un visage sur le nom de l'un de mes grands-oncles, mort à la guerre de 14, dont j'entendais parler à la maison. Les photos de famille, c'est aussi un petit morceau de l'Histoire avec un grand H.»

Quand on lui demande quelles images l'ont marquée, elle cite des clichés associés aux événements les plus tragiques du XXe siècle. Les photos exposées au Struthof, le seul camp de concentration et d'extermination ouvert par les nazis sur le territoire français, en Alsace alors annexée, se sont imprimées pour toujours dans la tête de l'écolière d'une douzaine d'années qu'elle était lorsqu'elle les a découvertes. Elle se rappelle, aussi, la petite Vietnamienne courant nue après une attaque au napalm. Les gens l'émeuvent plus que les paysages, y compris dans les situations quotidiennes. Elle aime particulièrement Robert Doisneau, même si - écolomania oblige ? - elle n'oublie pas de parler de Yann Arthus-Bertrand.

À la maison, encore enfant, Nadine Morano prend le relais de son père et se charge de tenir la chronique illustrée de la famille, qui vit dans la cité du Haut-du-Lièvre, à Nancy. «Du coup, c'est moi qu'on voit le moins sur les photos», soupire-t-elle. Elle se rattrapera ensuite, parfois à ses dépens : les images d'elle se déchaînant sur la piste de l'université d'été des Jeunes Populaires, l'an dernier, à Royan, ont fait un tabac sur le Net, mais n'ont pas vraiment contribué à faire monter ses actions politiques. En septembre prochain, elle dansera quand même, parce qu'elle refuse de donner raison aux grincheux, mais elle «fera attention» lorsqu'elle sera filmée, c'est promis.

«Les idoles de mes débuts»

Aujourd'hui encore, Morano prend souvent plus de plaisir à être derrière l'objectif que devant. Quand elle n'a pas ses propres appareils, un numérique acquis récemment et un argentique auquel elle voue une tendresse particulière, il lui arrive d'emprunter le matériel des photographes de presse et de s'en servir pour mitrailler ses collègues. Dans la photo ci-contre, prise le 15 juin dernier au ministère de la Santé, elle «shoote» ses collègues Roselyne Bachelot et Éric Woerth après une conférence de presse sur la Sécurité sociale qu'ils ont donnée tous les trois. Dans son album personnel, Nadine Morano assure posséder des images «formidables» de Jacques Chirac, Charles Pasqua, Alain Juppé. «Les idoles de mes débuts», dit-elle en souriant rétrospectivement de ses audaces de novice.

Dans la série des photos de vacances, elle regarde toujours avec plaisir celles qu'elle a prises un été à Djerba, où elle s'est retrouvée par hasard voisine de Pierre Lellouche. On voit le futur secrétaire d'État aux Affaires européennes cuire le poisson qu'il a pêché. «C'est un cuisinier hors pair, assure-t-elle. Il nous a fait à manger pratiquement tous les jours.» Et Nicolas Sarkozy, alors ? Elle avoue n'avoir pas beaucoup pris de photos de lui pendant la campagne, ni d'ailleurs depuis. Elle n'est plus dans l'observation mais «dans l'action». Comme elle le voulait.

Judith Waintraub

Source

http://www.lefigaro.fr/politique/2009/08/12/01002-20090812ARTFIG00322-la-photographie-l-autre-objectif-de-nadine-morano-.php



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