inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous

 
Rubrique(s) : expositions, > Robert COLOGNOLI - VOUS NOUS VOIEZ CY


Robert COLOGNOLI - VOUS NOUS VOIEZ CY
+0
moins
plus


Le 2011-10-05 18:29:09

Partager:


g

Je photographie pour solder des comptes avec des problèmes qui me préoccupent.

Vous avez en photographie un parcours un peu bizarre : vous y êtes vraiment venu sur le tard !

Je me suis engagé dans un parcours d’études puis professionnel qui m’a occupé à temps plein aussi bien physique que moral pendant… si j’en fait le compte, environ trente ans, avant que l’esprit accepte de libérer un peu de place pour d’autres centres d’intérêts, même si l’activité professionnelle reste toujours très présente. La vie familiale est sous entendue !

Votre photographie est-elle une photographie obsessionnelle du corps ? Votre métier semble avoir une grosse influence sur elle ?

Une photographie du corps qui nous abrite, notre interface avec le monde… et qui passe ; je dirais exploration plus qu’obsession. L’influence de mon métier ? Probablement, mais je n’en ai pas conscience. Ai-je fait un choix professionnel pour les mêmes raisons qui conduisent aujourd’hui mon exploration photographique ? Je crois que tout se recoupe. Il n’y a aucune allusion à l’autoportrait dans vos questions, et je suis d’accord, il s’agit plutôt d'une représentation non rapportée à un individu particulier. Instinct de survie, transfert, mimesis…? Je ne sais pas !

On est frappé par le côté forcené des images, autant que par l'ambiguïté de ce qui est représenté. Vous revendiquez ces deux aspects ?

Forcené dans le sens de violent ? Ces images font face, frontalement. C’est forcément une exposition au sens propre du mot, une mise à nu... dans ce sens là, on peut les recevoir comme violentes et se sentir agressé mais j’aimerais mieux faire passer une interrogation. L’ambigüité, s’il y a, est pour moi une force de l’image. Ces photographies ne se veulent pas trop explicites, aidées en cela par l’aspect de « presque flou » du à l’utilisation du sténopé et même de «bougé» du fait des temps de pose longs. Elles ne doivent pas guider le spectateur mais seulement le placer au départ d’un chemin, à lui de le poursuivre, en tête à tête, s’il accepte l’invitation. 
Il m'est difficile de parler de ces photographies. Dire avec des mots ce qu'elles ne contiendraient pas? Alors pourquoi avoir laissé un vide?

Pourquoi ces tonalités sombres, ce travail en low-key ?

La technique doit se mettre au service du discours tenu, et les tirages ne fonctionnent qu’avec ce choix de présentation. Il y a peu de choses sur ces photographies ; une simple présence, sur fond noir, qui permet l’apparition… ou la disparition. Le format relativement petit convoque le spectateur en un face à face avec chaque photographie. Cet isolement me semble faciliter la réflexion et l’échange. Le regard est pris au piège, il n’y a aucune distraction ; seule une forme incertaine sur fond noir. Il est obligé d’affronter, ou de passer son chemin. 

Techniquement, comment travaillez-vous ?

Toutes les opérations sont réalisées en technique analogique. Il n’y a à aucun moment intervention ou aide de procédé numérique, ni à la prise de vue, ni lors du développement et du tirage. Il n’y a non plus aucune manipulation de quelque nature que se soit du négatif ou des épreuves. Les seules interventions se résument à l’utilisation de masquages manuels classiques lors du tirage C’est un travail très lent qui utilise peu de moyens, et j’ai le sentiment que cette pauvreté contraignante m’aide au lieu de me limiter. Cadrage «au jugé». Je ne vois pas ce que je photographie ! Mesure du temps d’exposition empirique s’étalant approximativement de vingt secondes à plus d’une minute. Film argentique noir et blanc 4x5 pouces, développement en cuve et bains classiques. Chambre photographique 4x5 pouces, pour certaines photos, fabriquée par mes soins. Objectif à sténopé : un tout petit trou dans une feuille de papier aluminium de cuisine. Les photons vont en ligne droite du sujet au film, ils ne rencontrent rien, ne sont pas déviés… la matière émise par le sujet vient directement sur le film créer son image. Tirage contact complétant la fusion du sujet avec son image. 

Texte tiré du site "Galerie photo" où sont présentées quelques unes de mes photographies.



   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire




Code de validation






Mots clés / Tags : photographie, hellip, peu, photographies, face, ai, sens, tirage, film, aucune, temps, sujet, noir, j, image, non, images, forcen, sentation, photographique,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  Dmitry Baltermants : 
The Sovjet Union between 1940s and 1970s
War, Life & Glory

DIEHL starts its “Flaneur” selection with 42 works of the Soviet photo journalist Dmitry Baltermants. Best known for his pictures of the Soviet battlefield during World War II.

During World War II, Baltermants covered major battles for Izvestia and for the Red Army newspaper Na Razgrom Vraga. He fought and photographe...

    Lire la suite



  Franck Boutonnet pour une série sur l'Argentine

Le 24 mars 1976, le peuple argentin subit un coup d’état militaire. C’est le début d’une ère de répression sanglante, où quelque 30 000 personnes disparaissent et près de 500 bébés sont volés. Mais s’ouvre également une période d’ultralibéralisme d&ea...

    Lire la suite



  La côte chinoise par Zhang Xiao

Blindspot Gallery is pleased to present Coastline featuring emerging Chinese photographer Zhang Xiao’s award-winning series Coastline that focuses on the continuous 18,000 kilometres of China’s coastline. The series does not merely capture the seaside landscape of these coastal areas, but also witnesses the changes o...

    Lire la suite



  Le "In/Out" de Catherine Lambermont

Du dépouillement des clichés de Catherine Lambermont se dégage une poésie narrative. Ses images composent une suite d’instants d’observation libre. Son travail réhabilite le continuum qui caractérise chaque frontière. La frontière est le lieu du lien. Entre le corps et l’es...

    Lire la suite



  Eric Rondepierre à l'Arsenal de Metz

Eric Rondepierre a choisi de montrer au sein d'un travail multiforme, certaines des oeuvres qui ont partie liée au cinéma, depuis ses débuts en 1992. Sur un parcours de vingt ans, 56 pièces ont été prélevées dans dix séries : Excédents, Annonces, Précis ...

    Lire la suite



  Simone Nieweg, la photographe des paysages

Simone Nieweg is a photographer of gardens and landscapes. Her work, as it has manifested itself over the past thirty years, knows no other interest. At the same time, a certain serenity hovers over her pictures. In them, nature seems entirely focused on itself. One immediately notices that human beings are absent. The allure of colors and shapes...

    Lire la suite



  Les "Corps & Graphie" de Gérard Uféras

« Je ne peux m’empêcher, atteste Gérard Uféras, d’associer la pratique de l’Art à la notion d’amour et de partage ». (extrait de son livre Etats de grâce, éditions du Fantom)

Vingt années durant, Gérard Uféras a &eac...

    Lire la suite



  Du nouveau à la Pobeda Gallery

«Egyptian pack» evokes many associations - here are both Petersburgers favorite topic of werewolves (see the movie of E. Yufit «Corpsmen werewolves») and references to the Perm animal style.

Also we can recall British film «The Wicker Man» (1973) with its ritual procession of the man-beasts, ho...

    Lire la suite



 


Photographe(s)

Robert Colognoli

La Fontaine Obscure
Impasse Grassi
13100 Aix-en-Provence 
France

Voir tous les lieux

Du 3/6/2009 au 26/6/2009

Statut : expositions terminé











 




Les cordes sont comme une caresse, elles enlacent le modèle comme le feraient mes bras.
Nobuyoshi araki   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l'actualité photo !